Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Loïc Manwel. Je travaille avant tout dans le cinéma en tant qu’acteur et réalisateur mais aussi en tant que scénariste, même si c’est une profession qui est moins reconnue. Je fais ça depuis 10 ans et j’ai fait des études dans ce domaine. Je suis venu à Paris pour ça, j’ai fait le cours Florent, le conservatoire et une formation de réalisateur et de scénariste. J’ai écrit mon premier scénario qui a eu la chance d’être présenté au dernier Festival de Cannes. C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai rencontré mon producteur pour Les Soignantes. En parallèle de tout ça, je suis infirmier. J’avais rencontré une infirmière extraordinaire il y a 10 ans et je suis tombé amoureux de ce métier quand j’ai vu le regard qu’elle a posté sur mon grand-père. J’ai donc voulu soigner comme elle et j’ai alors passé le concours d’infirmier. Pendant trois ans, j’ai donc bossé le jour à l’hôpital et le soir au cours Florent.
À lire également
Comment est né ce projet des Soignantes ?
Il y a un avant et un après pandémie, première vague. Durant cette première vague, les soignantes n’avaient rien, aucun moyen, une carence matérielle, pas de vaccin… Face à cette carence en tout, et au fait que les patients étaient enfermés dans leur chambre et isolés, il fallait agir. Je me souviens d’infirmières qui portaient des sacs poubelles en guise de protection… Dans l’équipe de soignantes avec lesquelles je travaillais, et je pense que ce n’est pas anodin, toutes étaient originaires soit des îles, soit des DOM-TOM, soit de l’Afrique et c’est dans leur culture de nourrir leur quotidien de musiques et de chants et c’est ce qu’elles ont fait. Ça a été pour moi la plus grande leçon d’héroïsme ! Je les ai vues quasiment du jour au lendemain, quand elles ont compris qu’on n’avait pas de matériel et pas de répondant de la part du gouvernement, elles ont commencé à mettre de la musique partout et à chanter. Là, j’ai été bouleversé par ça. En tant que cinéaste qui adore l’image, j’ai commencé à les photographier. Ça a commencé par un petit film que j’ai présenté à Cannes. Mon producteur m’a dit mais puisqu’elles chantent pourquoi ne pas faire un album ? Il s’avère que mon producteur est celui qui produit actuellement West Side Story au théâtre du Châtelet et qui a également produit Les Prêtres. En rentrant chez moi ce jour-là, je tombe sur Sister Act à la télé. Je voulais faire une déclaration d’amour aux soignantes et je me suis dit pourquoi pas faire pareil que Sister Act avec Les Soignantes.
Les trois soignantes du groupe se connaissaient déjà avant ?
Pas du tout (rires). On les a fait se rencontrer. Je partais du principe que les héroïnes existent partout donc il fallait donner sa chance à tout le monde. J’ai lancé un grand casting à travers la France, dans les grandes villes pour que tout le monde tente. J’ai reçu plus de 2000 maquettes vocales. Et au final, ce sont donc Abigael, Aïcha et Amandine qui ont été retenues.
C’est donc vous qui avez proposé la participation des Soignantes à La France a un incroyable talent ?
Pas vraiment. L’émission avait déjà repéré Aïcha quand elle avait fait son buzz en janvier-février dernier. Ils l’avaient déjà contactée et elle était submergée car elle ne voulait pas perdre le sens de cette passion qu’elle faisait en plus de son métier. L’émission a continué de la contacter régulièrement et à partir du moment où elle a intégré le groupe, c’est devenu une évidence puisqu’il y avait une autre perspective. On était dans le cadre d’un groupe pour parler des soignantes, pour défendre une cause. On s’est très vite dit que c’était une opportunité incroyable surtout avec la dimension populaire de l’émission.
Comment avez-vous vécu leur participation à l’émission ?
Je n’étais pas du tout stressé, j’étais surtout très excité pour elle car je suis vraiment dans une démarche de faire une déclaration d’amour aux soignantes. Je ne lâche pas cet objectif-là donc j’ai essayé de les accompagner du mieux que possible. Je porte sur elle un regard de cinéaste et d’artiste qui souhaite les mettre en lumière. Quand j’ai entendu tous les retours du jury, j’étais surpris. C’était inattendu pour moi et c’était que de l’enchantement.
Quels sont vos objectifs pour la suite ?
On aimerait que ce partage ne cesse jamais et qu’il ne soit pas éphémère comme il l’était aux quatre coins du monde, tous les soirs à 20 heures, lors de la pandémie. On aimerait que cette connexion soit universelle. On espère que ce lien d’émotion, dans des situations banales du quotidien à l’hôpital, continue de perdurer.
Avez-vous déjà eu des retombées suite au passage des Soignantes dans le programme ?
Grâce à leur passage et au golden buzz, on a eu la chance d’être repérés par une maison de disques et d’enregistrer notre album. C’était très très urgent, c’était dans des conditions entre deux opérations, entre deux consultations (rires). C’était très rock’n’roll ! Les filles ont enregistré la nuit, les weekends… Là on est en plein bouclage et il se peut que vous ayez une surprise dès demain !