C’est par le génie maniaque de Hitchcock, qui a fait d’elle en 1958 l’héroïne de "Sueurs froides", que Kim Novak est entrée dans la légende du cinéma. Mais c’est presque par hasard que, cinq ans plus tôt, la timide gamine de 20 ans, arrivée à Hollywood à la faveur d’un boulot d’été pour financer ses études aux Beaux-Arts de Chicago, est repérée par le tyrannique patron de la Columbia, Harry Cohn…
L’autre Marilyn
Au début des années 50, Harry Cohn, le « Mogul » de la Columbia, veut remplacer sa star, Rita Hayworth, pour concurrencer le succès de Marilyn Monroe. Il flashe sur les photos d’une mannequin de 20 ans, égérie d’une marque de réfrigérateurs. Signe du destin, elle s’appelle Marilyn… Novak ! Qu’importe, elle changera de nom. Premier bras de fer avec le studio. Elle conservera son patronyme : Kim Novak est née.
À lire également
Tippi Hedren (Arte) : Pourquoi l’actrice garde-t-elle un « profond dégoût » pour Alfred Hitchcock ?
Blonde hitchcockienne
En quelques rôles, elle devient un sex-symbol, mais souffre de n’être adulée que pour son physique. Ses films (Picnic, L’Adorable Voisine…) font bientôt plus d’entrées que ceux de John Wayne et Marilyn réunis ! Hitchcock l’engage pour Vertigo, un tournant : « C’est la première fois que je me suis sentie libre dans mon jeu. » À la ville, refusant la liaison de l’actrice avec le crooner Sammy Davis Jr. parce qu’il est noir, Cohn (auquel elle avait arraché un salaire multiplié par 4) fait menacer de mort par la mafia son amant. Fin de la love story !
Heureuse, loin de Hollywood
Féministe rebelle au coeur du système, elle met fin sans préavis à sa carrière en 1966 pour se consacrer à la peinture. Son mari, vétérinaire, l’a séduite, dit-elle, parce qu’il ignorait qui elle était !
Kim Novak, l’âme rebelle de Hollywood, dimanche 12 mars à 23h00 sur Arte
Julien Barcilon