Karim Rissouli : C ce soir, un anti-Hanouna et anti-TPMP ? « Je le récuse totalement ! »

Publié le 18 janvier 2023 à 11:16
Nathalie GUYON
Deux ans après son lancement, la quotidienne de débat a obtenu la reconnaissance du public et des professionnels. Rencontre avec son présentateur.

Quel bilan tirez-vous de ces deux premières années ? 

Karim Rissouli : Notre rendez-vous est maintenant bien installé, même si cela n’a pas été un long fleuve tranquille. Nous avons changé de formule au bout d’un an pour laisser place au débat, ce qui, au départ, me faisait peur. Je pensais que l’époque était trop gangrenée par le buzz et le clash permanent pour réussir à imposer une émission au ton apaisé et tout en nuances. Je me suis laissé convaincre, et suis content de m’être trompé. C ce soir répond à un besoin du moment : donner du sens à une actualité souvent anxiogène. 

Est-ce que vous briefez vos invités avant le plateau pour éviter les invectives ? 

Je leur parle cinq minutes avant l’antenne, et leur rappelle que l’objectif est que l’on soit tous plus intelligents à la fin de l’émission, que l’on ait pu discuter, avoir des points d’antagonisme même très forts, mais dans le respect et la compréhension de chacun. La réussite, c’est quand je me rends compte que les invités peuvent remettre en cause leurs certitudes, réfléchissent, ont envie d’interroger les autres experts, sans que cela passe forcément par moi. 

Savez-vous qui sont les téléspectateurs qui vous regardent ? 

Nous savons qu’ils sont un peu plus âgés que la moyenne de la télé, en proportion plus féminins et CSP+ (catégorie socio-professionnelle d’un niveau de vie supérieur à la moyenne, ndlr), mais si je me fie à ce que l’on me dit dans la rue, il semble plus varié que cela. Nous sommes souvent renvoyés à une émission « intello » ou « élitiste », une sorte « d’anti-Hanouna » ou « anti-TPMP », mais je le récuse totalement. Il ne faut pas opposer les publics, qui vont chercher, selon les heures de la journée, tel ou tel type d’information ou de façon de débattre. J’ambitionne de parler au plus grand nombre, de proposer une émission de dialogue, voire de réconciliation. 

La guerre en Ukraine occupe une large part de l’actualité, et ça fait de l’audience. Est-ce que vous vous efforcez de trouver un angle pour pouvoir la traiter ou vous préférez changer de sujet ? 

C’est une question que l’on se pose chaque jour. Comme beaucoup d’observateurs et d’intellectuels le disent, le conflit en Ukraine est l’événement le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale, un fait historique majeur et total qui implique le monde entier et tous les secteurs de notre vie quotidienne. Je pense donc que l’on n’en parlera jamais trop. Il se trouve que cela fait de bonnes audiences, mais j’ai la chance d’être sur une chaîne et à une case horaire où notre mission n’est pas corrélée à cela. Peut-être aussi parce que nous avons dépassé les attentes en la matière, avec près de 400 000 téléspectateurs, régulièrement. 

Vous avez remporté le prix de la Meilleure émission au Grand Prix des médias CB News 2022, dont Télé 7 jours est partenaire. Le regard des professionnels, c’est important ? 

C’est fondamental d’être ainsi reconnu pour ce que l’on fait et de sentir l’utilité de notre démarche. Je dois avouer que j’étais plus touché que ce que j’imaginais.

C ce soir, mercredi 18 janvier à 22h30 sur France 5

INTERVIEW MARC TEYNIER 

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