Pourquoi avoir choisi de filmer les urgences de nuit ?
Jimmy Mohamed : J’ai un souvenir particulier de ce service, que j’ai connu comme interne. Au moment de la garde, on est un peu les propriétaires de l’hôpital. La nuit est un moment à part, où quasiment tous les services tournent au ralenti, certains ferment même, faute de personnel. Je voulais aussi mettre en avant les soignants, à qui on ne donne pas souvent la parole.
Et ce n’est pas n’importe quel service d’urgence que vous montrez, c’est celui de l’hôpital Cochin, à Paris, où vous avez été interne il y a dix ans. Qu’est-ce qui a changé depuis ?
Elles ont été réorganisées, fluidifiées. Néanmoins, j’ai l’impression que l’on fait toujours face aux mêmes problématiques. Ce que l’on montre au travers de la crise des urgences, c’est la crise de l’hôpital public. J’ai trouvé aussi que les patients qui y viennent sont plus âgés, isolés…
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Ce n’était pas trop difficile pour vous de rester à la place du journaliste, plutôt qu’à celle du soignant ?
C’était un exercice particulier. Il y a des moments où j’avais forcément envie de donner mon avis. J’ai quand même essayé de me rendre utile, de distribuer des verres d’eau… J’étais dans mon élément, et le personnel était en confiance. Le Magazine de la santé, c’est un gage de sérieux.
Interview Amandine Scherer