Jessy Matador victime d’un racisme « virulent » lors de l’Eurovision : « Il y avait des pages Facebook contre moi »

Publié le 14 mars 2024 à 9:55
Wyters Alban/ABACA
En 2010, le jeune chanteur avait subi des attaques racistes et même des menaces de mort lorsqu'il a été choisi pour représenter la France à l'Eurovision.

Aya Nakamura se retrouve au centre de débats médiatiques malgré elle, en plus de recevoir une vague d’attaque raciste depuis qu’Emmanuel Macron aurait affirmé qu’il aimerait l’entendre chanter Édith Piaf à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024. Sur le réseau social X, le chanteur Jessy Matador a réagi à cette situation déplorable : "Vous voyez ce qu’il se passe avec Aya ? (En) 2010 à l’annonce de ma participation à l’Eurovision c’était pareil, même encore pire. C’est vraiment triste". 

L’artiste a ensuite ajouté sur le site de Purecharts : "Aya, tu vas dans n’importe quel pays à l’étranger, tout le monde connait ! C’est un patrimoine. Elle nous représente partout, elle représente très bien la France". Lui-même a vécu une expérience très difficile il y a près de quinze ans, d’autant plus que sa maison de disque lui a imposé de faire l’Eurovision sans même l’avertir. Il se souvient qu’aussitôt, la haine s’est manifestée dans les médias : "C’était chaud ! (…) À l’époque, Morandini était sur D8 tous les soirs, il parlait de l’Eurovision tout le temps, il parlait que de moi, avec toutes les polémiques du genre ‘Il est Congolais !’. Sur les réseaux sociaux, c’était terrible, il y avait des pages Facebook contre moi : ‘Non à Jessy Matador’, ‘Boycott’,’"Il est noir’, ‘Il est Africain’… C’était le début des réseaux sociaux. En lisant tout ça, je pensais que si je sortais dehors, on allait m’agresser ! Tu penses que personne ne t’aime".

"J’ai même reçu des menaces de mort. Je me faisais menacer. Des messages vraiment injurieux. Je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé. Pourquoi tout ça ? C’était vraiment très grave, très très virulent. Morandini il n’a rien fait pour éteindre le feu, c’était pour me rabaisser. C’est pour ça que je n’ai fait aucune interview avant l’Eurovision, à part Le Parisien. Je ne voulais pas, car je n’ai reçu aucun soutien des médias. Ils se moquaient tous un peu de moi ! On disait que j’arriverais dernier, que la chanson était nulle", se souvient celui qui s’en est tout de même tiré avec la douzième place sur vingt-cinq participants, avec son tube Allez Ola Olé. À partir de là, le succès de ce titre dans des dizaines de pays à l’étranger a fait "changer" les médias français, dont il alors refusé la plupart des invitations, encore blessé par le traitement qu’ils lui avaient réservé tout au long des mois qui avaient précédé. Fort heureusement, Jessy Matador garde un excellent souvenir du concours, qui s’est déroulée en en Suède : "C’était tout autre ! On a reçu beaucoup d’amour de la part des médias étrangers et des autres artistes. On était invité à toutes les fêtes ! Il y avait un vrai contraste entre la France et l’étranger".

Par
Hugo Mallais