C’est un visage qui a marqué la justice française ces dernières années. De 2011 à 2018, François Molins est le procureur de la République de Paris. Ce dernier se fait connaître du grand public lors de ses multiples apparitions télévisées durant la vague d’attentats ayant frappé la France. Le 20 juin dernier, l’homme de justice a donné une interview au média Arrêt sur images. François Molins a notamment été invité à s’exprimer sur Cyril Hanouna. L’animateur de C8 se montre souvent très critique vis-à-vis de la justice dans Touche pas à mon poste. Celui qui présente On marche sur la tête sur Europe 1 avait entre autres fait part de sa colère à la suite de la condamnation d’un homme à six mois de prison avec sursis pour avoir agressé l’été dernier un médecin de 79 ans à Nice. "C’est inadmissible ! Pour moi, ça c’est 20 ans de prison !" Sur une autre affaire impliquant un migrant, Cyril Hanouna avait commenté : "Pour moi, il n’y a pas de seconde chance. J’arrête le titre de séjour."
Ces propos sont loin d’avoir convaincu François Molins : "Je trouve cela parfaitement réducteur et caricatural", a réagi celui qui occupe désormais la fonction de procureur général honoraire près la Cour de cassation. "Je souhaite un jour à monsieur Hanouna, que je ne connais pas, de figurer sur une liste de cour d’assises et de siéger un jour dans un jury populaire. Il mesurera peut-être davantage la difficulté de juger et d’apprécier la justesse et la pertinence d’une peine. Je pense que la présentation est caricaturale, c’est toujours facile de discréditer des décisions de justice en évoquant des décisions après avoir présenté des faits en 30 secondes. Tout ça est parfaitement caricatural."
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Si François Molins concède lui aussi que la justice a ses défauts en France, le magistrat du parquet estime que Cyril Hanouna va trop loin dans ses déclarations : "La justice dans notre pays ne fonctionne certainement pas de façon parfaite mais elle ne correspond pas à l’image qu’on cherche à en donner dans ce genre d’émissions, qui en réalité ne contribue qu’à aggraver la montée en puissance du populisme. La justice n’a jamais été aussi sévère en France."
"La durée moyenne des peines prononcées en 5 ans a augmenté de 2 mois et demi. On n’a jamais eu autant de monde en prison", poursuit François Molins. "La preuve, les prisons sont surpeuplées. On n’est pas capable aujourd’hui d’abriter des détenus dans des conditions de dignité qui sont conformes à la dignité humaine. La justice est certainement loin d’être parfaite. Il y a beaucoup de choses à arranger, à organiser, mais moi je ne me satisfais pas de ce genre de présentation."