Si François Cluzet est aujourd’hui un acteur plébiscité par les réalisateurs, sa cote de popularité n’était pas la même au début de sa carrière. Il faut dire qu’il avait un goût un peu trop prononcé pour la fête, ce qui lui a valu une "mauvaise réputation", a-t-il confié samedi dans l’émission Il n’y a pas qu’une vie dans la vie diffusée sur Europe 1.
"À l’époque, je n’étais pas très connu, j’avais mauvaise réputation parce que j’avais décidé de récupérer une jeunesse que je n’avais pas eue. Entre 20 ans et 30 ans, je l’ai vraiment récupérée en sortant tous les soirs, en buvant trop, en essayant tout (…) On disait « Attention, il était dans une bagarre ». Ce qui est faux parce que je ne me suis jamais battu. J’en suis incapable. Par contre, j’ai pris quelques coups dans la gueule parce que j’avais le sens de la provocation et ça ne marchait pas avec tout le monde", a-t-il expliqué à cœur ouvert.
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Cette mauvaise réputation qui lui a collé à la peau pendant des années lui a fait perdre plusieurs rôles. "Je me souviens même que Corneau, quand j’ai vécu avec Marie Trintignant, m’avait dit : « A choisir entre deux acteurs, je préfère celui qui ne va pas m’emmerder, même s’il est moins bon ». Et ça m’avait frappé parce que je me suis dit « Dis donc, mon petit gars, tu as intérêt à rebondir sur cette réputation de merde que tu t’es faite »",a-t-il ajouté. "Nicolas a fait la même chose. Vous savez, quand vous vous mettez vous-même des contraintes pour avoir à surpasser le handicap. Vous vous mettez cette contrainte de mauvaise réputation en disant « Ils ne m’auront pas parce que moi, à l’écran, je vais tout donner (…) »", a-t-il ajouté en soulignant qu’il avait dû se "transcender" pour faire oublier cette image négative de lui.
Aujourd’hui, c’est dans un rôle qui le surprend qu’il fait son retour sur grand écran grâce à Nicolas Bedos dans Mascarade en salles ce mercredi 2 novembre. "Avant même ce rôle d’agent immobilier trompé et trahi, c’est la densité et la qualité du scénario qui m’ont plu. J’ai été obligé de lire deux ou trois fois le script pour comprendre les tenants et les aboutissants du personnage. La tendresse qui s’en dégage m’intéressait aussi. J’ai souvent été caricaturé comme dans Les petits mouchoirs (de Guillaume Canet ndlr) où j’incarne le type qui s’énerve, et je fus donc étonné que Nicolas me propose ce rôle d’homme sensible, fragile. Il me voit ainsi, comme une personne tendre".
Clara Kolodny