« Je n’étais pas confiant » : Hugo (Top Chef) se confie sur la finale et son expérience dans l’émission

Publié le 8 juin 2023 à 16:35
PIERRE OLIVIER/M6
Après avoir remporté le concours Top Chef, diffusé sur M6 ce mardi 7 juin, Hugo Riboulet a accepté de se livrer à Télé 7 Jours.

Dans quel état d’esprit avez-vous abordé cette finale ? Vous étiez confiant ?

Non, franchement non. Parce qu’en fait, c’est vraiment un exercice pas facile. J’ai l’habitude de faire 40 couverts avec une quinzaine de personnes en cuisine. Je n’avais jamais fait de service banquet avec 100 couverts. Donc non, je n’étais pas confiant, parce qu’on ne connaît pas la cuisine, on ne connaît pas non plus les conditions de travail. On va dans l’inconnu et c’est ça le plus dur mais bon après il faut se dire qu’on va tout donner parce qu’on n’a pas fait quinze semaines de concours pour rien 

Comment s’est-elle déroulée ? Ce n’était pas trop dur de cuisiner pour autant de personnes ?

C’est dur parce qu’on réfléchit aux menus, on se dit que c’est bon quand on fait pour 20 couverts ça va, mais quand on multiplie justement par 5 pour faire pour 100 couverts, là ce n’est pas la même et du coup, ça décuple le temps de toutes les mises en place. Il faut aussi gérer la venue des chefs quand ils nous parlent pendant une heure, je n’avais pas du tout pris en compte parce qu’en fait, dans mon organisation, je m’étais dit : ‘Voilà je vais mettre sur la pâtisserie, il y a plein de petites choses techniques mais bon, tout seul, ça peut le faire’. Je n’avais pas pris en compte que les chefs allaient venir et nous parler longtemps à chaque fois. Donc c’est vrai que ce n’était pas facile. Mais on a donné le meilleur de nous-mêmes, c’était le principal pour moi.

Quatre mois s’écoulent entre le tournage de la finale et la cérémonie des couteaux. Ça doit être une attente interminable ?

Même cinq mois parce qu’on a fini mi-décembre et on a eu le résultat le 27 avril. C’est plus en termes de projet professionnel et pour préparer l’avenir que c’est complexe car on est dans le flou total. Après c’est vrai que souvent, lorsqu’on est finaliste, qu’on gagne ou pas, on a beaucoup d’exposition mais j’attendais le dénouement du concours. Quand on fait un concours, on veut savoir si on a gagné ou pas et effectivement, c’était une attente très longue.

On vous a vu très ému après les mots de vos proches et de votre chef Laurent Petit, avant de découvrir le résultat…

C’est rare ça, il faut l’enregistrer, il faut l’encadrer. Je pleure mais jamais, jamais, jamais, jamais (rires). Même mes parents étaient surpris de me voir pleurer. C’était beaucoup d’émotion parce qu’il y avait tout mon entourage, que ce soit professionnel, ma famille et mes amis. Les voir tous là au même moment pour une seule et même cause, le tirage des couteaux pour un concours de cuisine qui me tient à cœur… C’est surtout à partir du moment où j’ai commencé à remercier mes anciens chefs pour la confiance qu’ils m’ont accordée que j’ai craqué, parce que les voir aussi émus, c’était touchant.

Qu’allez-vous faire de vos gains ?

Je vais m’acheter une Porsche (rires). Non je rigole, je vais quand même en garder une bonne partie pour pouvoir voir l’avenir sereinement. Et puis je vais aussi investir dans une création avec Albane. On va s’associer pour créer ensemble un concept de street-food inédit qui n’existe pas en France et quasiment pas à étranger. Ça sera à Paris, dans le 2ème arrondissement, à côté de la rue Saint-Sauveur. Je vais investir de l’argent là-dedans. Ça va voir le jour courant novembre. Le but, c’est d’ouvrir quelque chose de fixe, on achète un fonds de commerce et si ça marche bien, on aimerait pouvoir le dupliquer ailleurs enFrance. On va reprendre quelque chose de traditionnel de la gastronomie française qu’on trouve souvent sur les tables étoilées, qu’on va adapter dans la rue pour que les gens puissent manger à emporter. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant sur le concept. Il faut le garder un peu secret. 

Il paraît que vous avez fait un pacte financier avec Dany, l’autre finaliste. Pouvez-vous nous en dire plus ? Vous l’avez respecté ?

Oui c’est vrai qu’avec Dany, on s’était dit avant la finale que peu importe celui qui gagne, le gagnant donnerait 5 000 euros perdant parce qu’on n’avait pas envie de rentrer bredouille non plus. C’était le pacte qu’on avait fait. Je n’ai pas encore touché l’argent de Top Chef mais dès que je touche, le pacte sera bien entendu respecté.

Vous avez permis à Philippe Etchebest de remporter sa première victoire depuis 2019. Vous étiez aussi content pour lui ?

Oui, en fait, je pense que ça m’a mis une énorme motivation aussi le fait que ça faisait 3 ans qu’il n’avait pas gagné. Il m’a fait confiance sur la première épreuve dans un choix singulier et je voulais lui rendre la pareille sur la finale, lui dire ‘vous avez même fait confiance, et bien moi je vous le rends, en essayant de remporter la victoire’. C’est chose faite et franchement, ça m’a fait vraiment plaisir de pouvoir lui offrir cette victoire. Je n’ai pas gagné seul, on a gagné ensemble avec le chef Etchebest.

Pouvez-vous nous parler de votre relation avec lui durant le concours et même après ?

Au début, ce n’était pas facile. Le temps qu’il comprenne mon univers culinaire, que je comprenne le sien. Mais au fur et à mesure du concours, on a appris à se connaître. Quand on a plus été que six dans le concours, là on était en mode compétition. C’est un très gros compétiteur et moi aussi, donc ça a vraiment bien matché. On était à fond, on avait comme objectif la finale et rien d’autre. C’est vrai qu’après, c’était intéressant parce qu’il est intervenu plus sur le côté technique et il me laissait vivre ma créativité et du coup, ça a bien fonctionné comme ça. 

Que retenez-vous de cette expérience ?

C’est une expérience de dingue. Ça nous fait grandir. Moi ce que j’ai adoré aussi, ce sont les relations humaines dans ce concours. Des candidats sont devenus des amis. Ça permet aussi de prendre confiance en notre cuisine. On sait désormais que ça plaît à des gens. Ça m’a donné confiance pour monter des projets et grandir aussi de ce côté-là.

Certains anciens candidats, comme Mory Sacko, ont continué la télévision. Est-ce le genre de parcours qui vous inspire ou vous souhaitez uniquement vous consacrer à la cuisine désormais ?

Si j’ai des propositions à la télévision, ça peut m’intéresser. J’aime bien ça, à la fin j’étais plus à l’aise. Donc pourquoi pas refaire des choses à la télé en fonction de ce qu’on me propose.

L.C

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