J’ai pas les mots… (France 2) – Kendji Girac et France Télévisions se mobilisent contre l’illettrisme

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:34
© Endemol
France 2 propose ce soir l'émission spéciale J'ai pas les mots, 8 semaines pour sortir de l'illettrisme. Rassemblées autour du chanteur Kendji Girac, sept personnes connaissant d’importantes difficultés pour lire et écrire se sont lancé un défi de taille : retrouver le goût des lettres.

QUAND LES MOTS FONT DÉFAUT

“Pour que les gens comprennent ce que c’est d’être dans ma peau, il faudrait qu’on les envoie dans une ville en Chine, et que tout soit écrit en mandarin…" C’est Mario, 45 ans, élagueur, qui utilise cette métaphore pour expliquer ce qu’est l’illettrisme dont il souffre au quotidien. Comme les six autres participants de cette émission, ou « apprenants », il a des difficultés à lire et à écrire et a décidé de prendre part à ce programme baptisé 8 semaines pour sortir de l’illettrisme. Souffrir au quotidien, cela signifie, par exemple, qu’il ne sait pas rédiger un devis pour ses clients lorsqu’il doit couper un arbre, et doit alors se faire aider par son fils. Tous ne sont pas dans la même situation.

Sahar, 30 ans, est née avec une lésion au cerveau, qui l’a handicapée lors de ses apprentissages. Quand Mario est évalué au niveau 1 (le plus bas) de l’illettrisme, selon les tests de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ce qui signifie qu’il rencontre des difficultés ne serait-ce que pour écrire son prénom), Sahar est au niveau 4. Dans son cas, il s’agit surtout de problèmes de confiance en soi et de troubles dits « dys » (dysorthographie, dyslexie, dyspraxie, dysgraphie…) à essayer d’amoindrir. 

Durant huit semaines, Mario, Patrick, Cathy, Sahar, Valentin, Cécile et Ludovic ont décidé de suivre une sorte de parcours pour (ré)apprendre à lire et à écrire. Et cela sous le mentorat, ou plutôt l’autorité bienveillante d’une formatrice nommée Aurore Ponsonnet, ancienne orthophoniste… Et le parrainage d’une personnalité bien connue des Français : Kendji Girac

REPRENDRE CONFIANCE 

S’il participe à l’émission, ce n’est pas par hasard, comme il l’explique au début : « Je savais chanter, je savais jouer de la guitare, faire danser les gens, mais remplir un formulaire ou rédiger une lettre, c’était une autre histoire… Je l’ai caché longtemps. Et puis, un jour, j’ai décidé d’apprendre à lire et à écrire. » À chaque étape de l’émission, Kendji est présent et intervient pour rassurer et mettre en confiance les apprenants. Et c’est lui qui leur propose, via un courrier, un défi à la fin de ce parcours de huit semaines : écrire un discours personnel et le lire devant une assemblée.

Lors de la première étape de l’émission – faire ses courses au supermarché avec une liste –, un exercice qui paraît simple au premier abord, on comprend vite les difficultés à ne pas pouvoir déchiffrer et comprendre les étiquettes. La formatrice, Aurore, demande à chacun de revenir avec quelques produits (du riz basmati, du chocolat praliné, des oeufs bio, ou encore du vinaigre de Xérès). La séquence donne lieu à quelques sourires, mais fait surtout comprendre les stratégies déployées par les uns et les autres. Malin, Patrick confie : « Au lieu d’écrire des mots sur ma liste de courses, je fais des dessins. » Et pour savoir si des oeufs sont bio, il explique avec logique : « S’il y a la photo de quelqu’un sur la boîte, c’est que c’est lui qui les a récoltés et qu’ils sont bio, non ? » 

J’ai pas les mots, 8 semaines pour sortir de l’illettrisme, mardi 9 septembre à 21h10 sur France 2

Par
Frédérick Rapilly