Intelligence artificielle : la grande expérience (France 2) – « J’ai été bluffée ! », Julia Vignali se confie sur cette émission inédite

Publié le 10 février 2025 à 14:02
France Télévisions
A l'occasion du Sommet pour l’action sur l’Intelligente Artificielle (IA) les 10 et 11 février et du Paris-Saclay Summit 2025 les 12 et 13 février, France Télévisions a décidé de proposer, ce mardi 11 février, une soirée dédiée spécialement à l’IA. C'est Julia Vignali qui animera ce programme baptisé "Intelligence artificielle : la grande expérience" et ça tombe bien puisque Télé 7 jours s'est entretenu avec elle ! 

Pourquoi avez-vous accepté ce projet ? 

Julia Vignali : C’est une bonne question, pourquoi moi ? (Rires). Je pense que j’ai été approchée facilement par Warner, la société de production, qui est aussi derrière Affaire Conclue. Bruno Henriquet, le président de Warner en France, est un passionné de technologie et d’analyse des nouvelles tendances. Comme notre collaboration sur Affaire Conclue fonctionne bien, ils ont pensé à moi pour ce projet. Ensuite, je crois que la chaîne a également vu en moi le bon profil pour porter cette émission, car elle allie un sujet complexe, l’IA, avec une approche ludique et accessible. C’est exactement ce que j’aime faire : décrypter des thématiques denses tout en gardant une touche de divertissement.

Avez-vous participé à la conception de l’émission ?

Oui, tout à fait. L’émission a été co-construite avec Renaud Rahard et la productrice. Nous avons eu de nombreuses discussions pour définir ma place dans les expériences proposées autour de l’IA. Par exemple, l’idée de la séquence sur la voyance est née de nos brainstormings. Comme j’ai une formation de comédienne, me glisser dans la peau d’une voyante m’amusait beaucoup. Pour le reste, c’est un travail collectif, mais j’ai pu apporter ma touche personnelle sur certaines séquences.

Quel est votre avis sur l’intelligence artificielle, notamment dans le domaine du journalisme et de l’animation ?

Je me suis posé la question : "Est-ce que l’IA pourrait nous remplacer, vous et moi ?". Pour l’instant, je pense que non. Certes, l’IA peut générer du texte, créer des scénarios, mais elle manque d’humanité et de spontanéité. Luc Julia, notre expert, le dit très bien : "l’IA n’est pas créative". Ce n’est qu’un immense assemblage de données, avec ses biais. Lorsqu’on échange comme nous le faisons en ce moment, il y a du non-verbal, des rires, des hésitations, une vraie interaction. L’IA n’est pas capable de reproduire cela.

Utilisez-vous l’IA dans votre travail ?

Oui, parfois. Avant une interview, il m’arrive de demander à ChatGPT des précisions sur une filmographie ou une collaboration passée d’un invité. Cela me permet de gagner du temps. Mais je vérifie toujours les informations derrière. L’IA est un outil, mais elle ne remplace pas l’analyse humaine et l’interprétation.

Parlons de l’expérience sur la séduction dans l’émission. L’IA a-t-elle réussi à surpasser une vraie personne ?

Oui, et c’était fascinant ! Dans la séquence, l’IA parvient à décrocher un rendez-vous en étant ultra-adaptative, valorisant systématiquement son interlocuteur. Mais j’aimerais bien voir l’IA au restaurant ou dans la suite de la relation… Pour le premier contact, elle est redoutable, mais peut-elle réellement créer une connexion authentique sur la durée ? J’ai des doutes (rires).

Si vous étiez célibataire, tenteriez-vous une expérience de rencontres assistées par IA ?

(Rires) Non, et j’espère ne pas me retrouver dans cette situation de sitôt ! Mais si ça devait arriver, pourquoi pas. Ça pourrait être amusant de voir comment l’IA me guiderait dans l’art de la séduction. Après tout, elle analyse les comportements et sait ce qui plaît… Mais encore une fois, ce qui fait la richesse d’une relation, c’est l’inattendu, les imperfections, ce que l’IA ne peut pas prévoir.

L’émission aborde aussi les biais de l’IA. Avez-vous été surprise par certaines découvertes ?

Oui, notamment lorsqu’un chatbot d’IA a dit à un candidat haïtien : "Les Haïtiens, vous avez le rythme dans la peau". J’ai été choquée, car c’est un stéréotype raciste. L’IA n’est pas neutre, elle absorbe des données biaisées par l’histoire et les mentalités. Cela prouve que nous devons rester vigilants face à ses réponses et ses analyses.

Que pensez-vous des deepfakes et de leur impact sur notre société ?

C’est effrayant. Dans l’émission, on a utilisé un deepfake de moi, et même s’il était bien fait, mes proches voyaient tout de suite que ce n’était pas moi. Mais la technologie va évoluer, et demain, on pourrait voir des deepfakes convaincants animer des émissions ou donner de fausses interviews. Cela soulève de vraies questions éthiques.

Vous semblez fascinée par ce sujet. Aimeriez-vous approfondir l’exploration de l’IA dans d’autres projets ?

Si l’émission rencontre son public, j’aimerais beaucoup poursuivre cette réflexion. Pourquoi ne pas tester l’IA dans d’autres domaines ? Par exemple, comment elle pourrait optimiser la recherche d’emploi ou la gestion d’une entreprise. Il y a tant de choses à explorer !

Un dernier mot ?

Oui, j’aimerais souligner une autre séquence marquante de l’émission : celle avec Amir. Son producteur a été surpris par un titre entièrement composé par une IA, au point de ne pas voir la différence avec une chanson humaine. Et j’avoue que j’ai moi-même été bluffée ! Cela montre à quel point l’IA peut bouleverser la création artistique. Ce programme est une véritable plongée dans un futur qui se construit sous nos yeux.

Rendez-vous ce mardi 11 février, dès 21h10, sur France 2 pour découvrir l’émission inédite "Intelligence artificielle : la grande expérience" avec Julia Vignali à l’animation

Par
Kahina Boudjidj