Regardiez-vous le programme au moment de son lancement, en 1990 ?
Olivier Minne : J’ai d’autant plus visionné le premier épisode avec attention qu’à ce moment-là, j’étais speakerin sur Antenne 2, et c’est moi qui ai annoncé cette nouveauté, qui s’appelait alors Les Clés de Fort Boyard. À cet instant, le jeune homme que je fus était à mille lieues d’imaginer qu’il présenterait un jour le programme dont il faisait le lancement.
Que nous réserve cette saison anniversaire ?
Beaucoup de surprises, même si, Jeux olympiques obligent, la saison sera un peu raccourcie. Mais la nouveauté de cette édition réside dans la thématique des cellules interdites. Chaque semaine, le Père Fouras « en ouvrira une » parmi toutes celles qui avaient été scellées par ses soins, à cause de leur « dangerosité ». Ainsi, des épreuves « oubliées » referont surface. Il y aura, par exemple, la Cellule Haute sécurité, où le Père Fouras avait enfermé l’ancien trésorier du fort, son ennemi juré. Ou encore une salle remplie de matériel informatique, où les candidats découvriront une intelligence artificiielle nommée Le Père Fourrière.
Allons-nous découvrir de nouveaux personnages ?
Oui, vous verrez que le personnage du cuistot, incarné par Willy Rovelli, est un peu plus distingué, mais pas meilleur cuisinier ! On fera aussi la connaissance d’une sirène, qui prétend être la soeur de Blanche et Rouge, qui sont incarnées par Delphine Wespiser… et c’est vrai qu’il y a comme un air de famille ! (Rires) Une cellule interdite, baptisée Le Repère des bannis, pourrait bien voir réapparaître d’anciens personnages qui avaient été mis au ban du jeu.
Qu’est-ce que la longévité de ce programme vous évoque ?
Une réelle fierté de le voir se transmettre de génération en peuvent se targuer de ça ! Et, après Des chiffres et des lettres, Fort Boyard est le plus vieux jeu du PAF. Animer ce jeu culte depuis vingt et un ans me comble et m’émeut aussi un peu.
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Vous souvenez-vous du moment où l’on vous a proposé les commandes du programme ?
Je venais d’essuyer un échec avec le jeu La Cible. Yves Bigot, alors directeur de l’unité variétés, jeux et divertissements de France 2, m’a invité à dîner. Je pensais que c’était pour m’annoncer une mauvaise nouvelle. Au lieu de ça, il m’a proposé les clés de Fort Boyard. J’ai hésité 48 heures, de peur d’être trop jeune pour incarner le programme, mené par Patrice Laffont et Jean-Pierre Castaldi avant moi. J’ai finalement accepté. Yves Bigot avait décelé en moi cette capacité à animer le jeu. J’ai appris, avec le temps, qu’il fallait faire confiance à ceux qui perçoivent en vous des qualités que vous ne soupçonnez pas.
Vous ne vous êtes jamais lassé de Fort Boyard ?
Jamais ! C’est toujours un moment particulier que d’arriver dans le fort, qui est un personnage à part entière. Quand j’aperçois ses murs, je ne peux m’empêcher de penser au film de Robert Enrico, Les Aventuriers (1967), avec Delon, Ventura, Reggiani et Johanna Schimkus. Je suis très proche d’elle. J’ai toujours une pensée pour les candidats et les équipes qui, comme moi, retrouvent leur âme d’enfant dès qu’ils arrivent ici. J’ai toujours 9 ans et demi quand je suis dans le fort !
Fort Boyard, samedi 29 juin à 21h10 sur France 2