Fort Boyard – Brahim Asloum : « Je n’étais pas franchement à l’aise, mais je n’ai pas eu le choix »

Publié le 20 juillet 2024 à 9:10
Laurent VU / ALP / FTV
INTERVIEW. L’ancien champion de boxe, consultant France Télé pour les J.O., en est à sa 7e participation à Fort Boyard. L’occasion d’évoquer cette aventure et son rendez-vous avec Paris 2024.

Brahim Asloum à l’assaut de Fort Boyard : "J’ai eu notamment affaire à des serpents"

Qu’est-ce qui vous a motivé à revenir affronter le père Fouras, cette année ? 

Brahim Asloum : C’est Matthieu Lartot (journaliste sportif de France Télévisions, ndlr) et son association Debout en bouts, destinée à financer des prothèses mieux adaptées pour les personnes qui, comme lui, ont été amputées suite à une maladie. 

Un mot sur vos épreuves ? 

On m’a fait beaucoup jouer sur les émotions. J’ai eu notamment affaire à des serpents. Je n’étais pas franchement à l’aise, mais je n’ai pas eu le choix. Je me suis retrouvé aussi dans la catapulte infernale. J’avoue que ça criait un peu, de mon côté. 

Dans votre équipe, vous n’étiez pas le seul représentant de la boxe, avec Sarah Ourahmoune, médaillée d’argent aux Jeux de Rio, en 2016… 

J’ai un grand respect pour Sarah. Ce qu’elle a fait, à Rio, est assez hors norme. Elle venait d’être maman. On imagine ce par quoi il faut passer après un accouchement, et tout ce que ça comprend. Plus que son succès sportif, j’ai retenu sa force de caractère, son abnégation et le message que son exemple envoyait à toutes nos femmes, toutes nos soeurs, que rien n’est impossible. D’autant qu’à l’époque, elle n’a reçu aucun soutien fédéral. Depuis, je n’ai jamais cessé de la suivre dans ses engagements, sur le plan sportif (elle est vice-présidente de la Fédération française de boxe) ou sociétal (elle est conseillère politique de la Ville, au bureau exécutif du Comité national olympique et sportif français). Elle est un exemple pour toutes les boxeuses de demain, par sa carrière d’athlète et par sa reconversion. 

Brahim Asloum évoque son rôle de consultant France Télé pour les J.O de Paris

Comme elle, vous serez consultant pour les Jeux de Paris… 

Oui, je vais beaucoup courir pendant quinze jours. Pas sur la piste du Stade de France, mais d’un combat à l’autre, sachant que la boxe s’étale sur deux semaines, et non pas une seule, comme c’est le cas pour la natation ou l’athlétisme. 

Que pensez-vous de la façon dont la boxe est perçue, aujourd’hui, en France ? 

Elle a bien évolué, depuis ma victoire aux Jeux de Sydney, en 2000. À l’époque, les gens découvraient un petit bonhomme d’1,20 m les bras levés, les cheveux décolorés et le drapeau bleu-blanc-rouge dessiné derrière la nuque. L’image des boxeurs était plutôt celle de types de 90-100 kg, le nez cassé. Et puis, après moi, il y a eu toutes ces médailles olympiques remportées par des profils variés, comme Alexis Vastine – paix à son âme (le boxeur est décédé en 2015, dans l’accident d’hélicoptère ayant aussi coûté la vie à Florence Arthaud) –, Sarah et d’autres. La boxe s’est alors démocratisée. Elle est désormais pratiquée par beaucoup d’hommes et de femmes, pas seulement pour le combat, mais aussi pour le bien-être. Plus que jamais, elle justifie son surnom de noble art. 

Vous êtes le papa de deux jeunes enfants. Vont-ils enfiler bientôt les gants ? 

Mon fils, qui a 4 ans et demi, est plus sensible et intellectuel, avec un sens artistique développé, même s’il aime la gagne. Ma fille, 2 ans et demi, c’est ma petite terreur, je ne sais pas si elle fera du sport, mais elle a beaucoup d’énergie. Du genre pile rechargeable en permanence ! (Rires) 

Fort Boyard, samedi 20 juillet à 21h10 sur France 2 

Par
Frédéric Lohézic