Comment vous sentez-vous à l’approche de la finale ?
Arnaud Delvenne : On est détendus (rires).
Louise Bourrat : Tu étais détendu toi ?
Arnaud : Oui !
Louise : Parce que tu as bien préparé ton truc !
Arnaud : Oui, j’ai bien préparé mon menu, sauf le dessert. Je ne mange pas de sucré et ce dessert m’a vraiment posé beaucoup de problèmes jusqu’à la fin.
Louise : Moi, j’avais la tête dans le guidon, j’étais au travail donc… Et le jour de la finale, je n’étais pas bien du tout. J’étais au fond du trou.
Quelle ligne directrice avez-vous choisi pour vos menus ?
Arnaud : Moi c’est la Belgique, forcément. C’est la première fois qu’un Belge était en finale et je voulais vraiment marquer le coup. C’est peut-être un risque parce que forcément, en lisant le menu, les invités savent qu’il s’agit d’un Belge. Mais je pense qu’ils sont assez intelligents pour juger le style et le travail et pour ne pas se dire : ‘C’est un Belge, donc…’
Louise : Donc c’est mort ! Ou ils peuvent se dire : ‘Les pauvres, ils sont opprimés, ils ne gagnent jamais rien, du coup cette année on va faire gagner un Belge. C’est ça en fait ? (Rires)
Arnaud : Pour ce menu, je voulais vraiment être en accord avec moi-même. Il devait y avoir la Belgique dans l’assiette.
Louise : Moi c’était le Luxembourg (rires) ! En réalité, je n’avais pas vraiment de ligne directrice. J’ai fait ma cuisine et des plats ‘signatures’ de mon restaurant.
Arnaud : C’était très beau !
Louise : Tu trouves ? Merci !
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Quels sont les points forts de votre adversaire ?
Arnaud : Le point fort de Louise, c’est son côté très affirmé dans les assiettes. C’est toujours très racé, très caractériel. Sa cuisine a du goût et elle ne laisse pas insensible. C’est vraiment un uppercut direct dans la figure : soit tu aimes, soit tu détestes. Mais tu n’es pas insensible. Tu vas t’en souvenir que ce soit au niveau du visuel, du goût ou de l’histoire qu’elle arrive à transmettre émotionnellement dans une assiette. Il y a toujours un bel exercice d’émotion dans ses plats.
Louise : Le point fort d’Arnaud, c’est sa maîtrise. C’est peut-être un peu plus consensuel, moins barré, mais par contre en termes de maîtrise, il y a du goût. Esthétiquement, c’est carré, c’est beau, c’est bien fait. C’est une sorte de minimalisme mais dans la générosité. Et il y a ses racines italiennes… C’est vraiment le bien manger. Sans oublier son côté ‘émotion’ : tu t’es dévoilé et tu as vraiment réussi à presque mettre un mot sur ta patte en cuisine. Il raconte des souvenirs et des émotions à travers ses assiettes.
Arnaud : On va pleurer tous les deux… (Rires)
Et les points faibles ?
Louise : Le manque maîtrise parfois.
Arnaud : Son côté vestimentaire (rires). Mais je ne pourrais pas juger Louise sur un manque de maitrise et un défaut parce que je ne la connais pas assez. Ce que j’ai vu dans Top Chef était maîtrisé, propre et bon. Mais je ne la connais pas assez pour dire : elle n’est pas bien sur ça ou ça.
Louise : Non, mais tu peux dire, et c’est la vérité, que je ne suis pas la personne la plus organisée de la terre.
Arnaud : L’âge joue également.
Louise : J’ai, c’est vrai, la naïveté de la jeunesse.
Arnaud : Mais c’est beau parfois d’être naïf. Et c’est ce qui permet aussi d’aller plus loin. Ce n’est pas un défaut, c’est une qualité. Ce qui est triste, c’est qu’il y a de moins en moins de naïveté chez les gens et tout le monde voit le mal dans tout. Quand tu enlèves ça, la vie est magnifique.