Quel regard portez-vous sur votre personnage, au tempérament volcanique ?
Constance Gay : C’est une commandante de police passionnée. Elle a des convictions tellement fortes qu’elle n’hésite pas à franchir la ligne rouge, du moment qu’elle obtient des résultats. Elle fonctionne à l’instinct, à l’inverse de sa demi-sœur, Justine (Rameau, interprétée par Claire Borotra, ndlr), qui écoute sa raison. Mais sous une apparence fonceuse, Vanessa est aussi une jeune femme très fragile, parce que son père l’a abandonnée, enfant…
Quelle réaction a-t-on quand, jeune actrice, on reçoit un tel projet ?
On ne m’a pas envoyé le scénario tout de suite, juste des scènes d’essai. Rien qu’en lisant ces passages, je me suis dit : "Bingo !" Il y avait tellement de potentiel. La première lecture avec Claire m’a confortée dans cette évidence.
Justement, votre complicité est évidente à l’écran…
Il faut savoir que l’on a tourné très peu de séquences ensemble, avec Claire. Chacune était principalement dans son décor : elle, dans le bureau du juge, moi, au commissariat ou sur le terrain. Nos personnages échangent aussi beaucoup au téléphone. Dans ces cas-là, j’avais, au mieux, juste sa voix en haut-parleur. J’étais donc ravie de la retrouver pour les scènes dans la maison familiale. C’était ma respiration de la semaine. Ça nous permettait de faire le point sur ce que nous avions chacune tourné de notre côté, et de nous reconnecter. Je ne considérais pas ces moments comme des jours de tournage, juste comme une grande récréation !
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Paradoxalement, ces deux demi-sœurs que vous incarnez ne cessent de se quereller…
On adorait se chamailler devant la caméra. C’est jouissif de jouer le conflit, surtout quand on aime sa partenaire dans la vraie vie. Et comme j’ai beaucoup moins d’expérience qu’elle, Claire a aussi eu un rôle de grande sœur avec moi. La réalité a nourri la fiction.
À ce sujet, avez-vous, directement ou indirectement, influencé vos personnages ?
On avait un grand espace de liberté, avec, évidemment, l’aval de la production, des scénaristes et de la réalisatrice. C’est rare pour ce format de 52 minutes, où tout est déjà calibré, avec la balance entre le polar, la comédie et les histoires familiales. C’était donc génial de pouvoir apporter sa touche personnelle, qui insuffle ce petit supplément d’âme.
Quel souvenir gardez-vous de Julien Zidi, le fils de Claude Zidi et coréalisateur de Face à face, décédé dans un accident de moto en mai 2021 ?
Julien avait un regard artistique et technique, ce qui est nécessaire au bon fonctionnement d’une fiction. Toute l’équipe lui faisait une confiance absolue. Dans ces séries où les tournages sont longs, rapides, mais où il faut aussi prendre du plaisir, Julien avait réussi à instaurer une atmosphère de colonie de vacances, mais professionnelle, calibrée. On a travaillé dans la joie, ce qui, je pense, se ressent à l’écran.
Interview Camille Sanson
Face à face : tous les mardis à 21h10 sur France 3