L’onde de choc autour de la prochaine édition de l’Eurovision continue de s’amplifier. Après l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie et les Pays-Bas, l’Islande est devenue ce mercredi 10 décembre le cinquième pays à renoncer officiellement au concours européen. Une décision lourde de sens, annoncée par la chaîne publique RÚV dans un communiqué sans équivoque. Selon la télévision islandaise, la participation d’Israël, validée par l’Union européenne de radiodiffusion (UER), a profondément perturbé les discussions internes. "La Société nationale de radiodiffusion islandaise a décidé de ne pas participer au Concours Eurovision de la chanson à Vienne, en Autriche, l’année prochaine", a confirmé RÚV, évoquant un choix mûri et attendu depuis plusieurs jours.
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Une fracture interne impossible à ignorer
L’Islande révèle que la présence de la télévision publique israélienne KAN a mis à mal l’unité même du comité chargé du concours. "La participation de la chaîne de télévision nationale israélienne KAN à ce concours a semé la discorde parmi les membres de l’Union européenne de radiodiffusion et au sein du grand public", explique la chaîne dans son communiqué, pointant du doigt une "question complexe" qui a divisé les équipes de RÚV. Le diffuseur rappelle également la vocation rassembleuse du concours, une vocation qu’il estime désormais irréalisable. "Le Concours Eurovision de la chanson et l’Eurovision ont toujours eu pour objectif d’unir le peuple islandais, mais il est désormais clair que cet objectif ne sera pas atteint et cette décision est prise pour des raisons programmatiques", précise-t-il.
L’UER maintient Israël, les boycotts se multiplient
Cette nouvelle défection survient quelques jours après une réunion cruciale de l’UER. La majorité de ses membres avait jugé inutile de réexaminer la participation d’Israël, ouvrant la voie à une fronde immédiate. Les diffuseurs espagnol, irlandais, slovène et néerlandais ont ainsi annoncé leur boycott dans la foulée, invoquant à la fois la guerre à Gaza et des accusations récurrentes d’irrégularités dans les précédentes éditions. L’Islande complète désormais la liste des absents, une situation inédite qui fragilise l’organisation du concours prévu à Vienne.
Dans ce contexte tendu, Paris a assumé une position diamétralement opposée à celle des pays boycotteurs. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est publiquement félicité du maintien d’Israël dans la compétition. La France, affirme-t-il, "a contribué à empêcher un boycott d’Israël", saluant que "l’Eurovision n’ait pas cédé aux pressions". Un message soutenu par l’actuelle présidente de l’UER… qui n’est autre que la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci. Israël, présent à l’Eurovision depuis 1973, a toujours été un participant emblématique du concours, qu’il a remporté quatre fois, la dernière victoire datant de 2018. En 2025 encore, le pays avait terminé à la deuxième place.