Eurovision 2025 : 72 ex-candidats réclament l’exclusion d’Israël, dont trois Français

Publié le 7 mai 2025 à 9:28
UER
À quelques jours de la grande finale de l’Eurovision 2025, une lettre ouverte secoue l’organisation du concours. 72 anciens participants demandent l’exclusion d’Israël via sa chaîne publique KAN, dont 3 anciens candidats français. 

L’Eurovision 2025, qui se tiendra à Bâle du 13 au 17 mai prochains, s’annonce comme l’une des éditions les plus controversées de ces dernières années. Entre débats politiques, tensions autour des drapeaux et critiques sur le financement public, le concours peine à maintenir son image d’événement apolitique et festif. La participation d’Israël, représentée par Yuval Raphael suscite une vive polémique. Des voix s’élèvent en Espagne, Slovénie, Islande et Finlande pour contester cette présence, invoquant les opérations militaires israéliennes à Gaza ayant causé la mort de plus de 50 000 Palestiniens et de plus de 115 000 blessés selon des sources.

A lire également :  Eurovision 2025 : Paris va soutenir Louane avec une fan zone place de la Bastille le 17 mai

Israël au cœur des tensions

Des accusations de "deux poids, deux mesures" sont formulées, rappelant l’exclusion de la Russie en 2022. L’Union européenne de radiodiffusion (UER) justifie la participation d’Israël en précisant que le pays est représenté par sa chaîne publique KAN, et non par son gouvernement. La polémique est toujours aussi vive à quelques jours de la finale du concours musique 72 anciens participants ont signé une lettre adressée à l’UER, rendue publique par The Independent ce mardi 6 mai, appelant à l’exclusion de la chaîne publique israélienne KAN, et par conséquent d’Israël, de la compétition. 

Parmi ces signataires figurent des artistes, auteurs, choristes, danseurs et compositeurs ayant déjà pris part à l’Eurovision. Tous dénoncent la présence de KAN, qu’ils accusent d’être "complice du génocide israélien envers les Palestiniens à Gaza et du régime d’apartheid en cours depuis des décennies à l’encontre du peuple palestinien". Ils affirment : "Nous croyons au pouvoir unificateur de la musique, c’est pourquoi nous refusons que la musique soit utilisée en tant qu’instrument pour disculper de crimes contre l’humanité"

Trois anciens candidats français parmi les signataires 

Parmi les signataires, on retrouve deux anciens lauréats du concours : le Portugais Salvador Sobral, victorieux en 2017, et l’Irlandais Charlie McGettigan qui a remporté l’édition du concours de 1994. Ils sont rejoints par des voix norvégiennes, islandaises, portugaises, maltaises, slovènes ou encore bosniennes. L’Anglaise Mae Muller (2023) figure également parmi les soutiens. Du côté français, trois anciens représentants ont signé la pétition : La Zarra (2023), Jessy Matador (2010) et Marie Line (1998). Sollicité par nos confrères du Parisien, Jessy Matador n’a pas souhaité faire de déclaration.

Les signataires dénoncent notamment un double standard : "L’UER a déjà montré par le passé sa capacité à prendre des mesures, comme en 2022, lorsqu’elle a exclu la Russie de la compétition. Nous n’acceptons pas ce deux poids, deux mesures vis-à-vis d’Israël". Ils accusent l’Union d’offrir une vitrine à l’État hébreu, normalisant ainsi ses actions à Gaza. "En conséquence, nous nous associons pour dénoncer la complicité de l’UER avec le génocide israélien qui doit s’arrêter", ont-ils déclaré. 

La lettre rappelle également que l’édition 2024 de l’Eurovision, marquée par plusieurs incidents impliquant la délégation israélienne, a été selon eux "la plus politisée, la plus chaotique et la plus désagréable de l’histoire de la compétition". Des vidéos avaient circulé sur les réseaux sociaux, montrant des membres de KAN filmant d’autres artistes contre leur gré. Lors de la demi-finale, des propos haineux auraient été tenus en direct contre Bambie Thug (Irlande), déclenchant des plaintes auprès de l’UER.

Par
Kahina Boudjidj