20 ans pour un programme télé, ce n’est pas rien. Comment expliquez-vous le succès de La France a un incroyable talent ?
Éric Antoine C’est difficile d’expliquer pour tout le monde. Je déteste quand les gens parlent au nom de tous, parce que je crois que personne ne représente tout le monde. Mais je peux dire ce qui me touche, c’est qu’il y a quelque chose de l’ordre du vivre ensemble. C’est-à-dire qu’on se retrouve avec un artiste circassien qui a dédié sa vie au millimètre du mouvement, qui est extrêmement spectaculaire et extrêmement touchante dans ce fait de dédier sa vie à son art. Juste derrière, un jeune amateur rappeur de 13 ans. Juste derrière, une danseuse handicapée. Juste derrière, un groupe de chants grégoriens de Versailles… Je crois que toutes ces cultures, toutes ces pensées, toutes ces histoires, toutes ces humanités qui se racontent, si différentes les unes des autres, et qui nous émeuvent tous d’une manière ou d’une autre touchent certaines personnes. C’est intergénérationnel, ça traverse les classes sociales, ça traverse les géographies, ça traverse les histoires, ça traverse les usages. Il y a quelque chose de l’essentiel de notre humanité.
Éric Antoine ne se lasse jamais de son rôle de juré de LFAUIT
Ce sont toutes ces choses qui vont que vous ne vous lassez jamais de l’émission ?
Je ne peux pas, parce que c’est déjà ma passion le spectacle. Ça l’a toujours été et ça le sera toujours. Je ne me lasse pas parler à des gens à qui je pose des questions. Je suis moi-même passionné.
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Vous étiez présent il y a 20 ans, à la première saison. Quel regard portez-vous sur l’évolution des numéros proposés au fil des années ?
Je dirais qu’il y a des professionnels de l’audition. Donc ça, c’est un changement, je pense, très notable. Après, le niveau artistique, la carrière, embrasser le métier d’artiste, ça a toujours été quelque chose de très difficile, un vrai défi. Des millions d’humains ont rêvé de le devenir et peuvent le devenir et en vivent. Donc, il y a toujours un niveau très fort, quelle que soit la saison. Ça, je dirais que ça ne change pas.
"Je crois qu’on est tous les quatre des sales gosses !"
Qu’est-ce qui fait un bon juré d’Incroyable talent ?
Quand je regarde mes camarades, ce que je trouve fort, c’est quand il y a du verbe et de la pensée. Je trouve fort quand un juré est légitime. C’est-à-dire qu’il est capable de voir des choses que les spectateurs ne voient pas. Donc d’avoir une vraie connaissance pointue dans l’art qu’il observe et dans l’art de manière générale. Il faut que ce soit des gens intelligents, cultivés. Et puis je crois aussi qu’il ne faut pas se prendre trop au sérieux. Avoir une grande âme d’enfant, j’imagine, être un sale gosse ! Et je crois que nous sommes tous les quatre des sales gosses qui prennent très au sérieux le fait d’être un sale gosse.
Qu’est-ce qui est le plus dur dans ce rôle ?
D’être juste. Il faut, qu’en même temps de faire du spectacle, parce qu’on est là pour faire du spectacle et la télévision, être drôle, de créer des buzz, de ne pas être trop gentil, etc. Le tout en respectant profondément la personne qui est en face de soi.