Un témoignage poignant. Vendredi 17 mars, Juliette Armanet était présente sur le plateau d’En Aparté sur Canal+ à l’occasion de son concert à l’Accor Arena qui se déroulait ce même jour à Bercy et qui était retransmis en direct sur la chaîne cryptée. L’occasion pour la chanteuse de revoir avec émotion une scène du documentaire Les petits enfants d’Alzheimer, qu’elle avait réalisé pour Arte lorsqu’elle était encore journaliste en 2009, où l’on peut la voir avec sa grand-mère Paulette, touchée par la maladie. "C’était un documentaire que j’ai choisi de faire à un moment de la vie de ma grand-mère qui était un basculement", confie l’artiste de 39 ans. "Parce que ma grand-mère était une excellente pianiste et elle n’en a jamais fait sa vie, mais c’était toute sa vie. Elle a transmis l’amour de la musique à ma mère à qui elle donnait des cours tous les matins avant d’aller à l’école et ma mère m’a appris à jouer au piano ainsi que mon père. Et à ce moment-là de sa vie, ma grand-mère a eu la maladie d’Alzheimer, qui était une maladie horrible."
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"Elle ne se souvenait plus de rien, de son nom, de son prénom, de qui elle était, est-ce qu’elle avait eu des enfants…" poursuit Juliette Armanet, les larmes aux yeux. L’interprète du Dernier jour du disco a ensuite raconté que, malgré la maladie d’Alzheimer, sa grand-mère n’avait rien oublié de la musique : "Mais il restait un endroit de sa vie qui était celui qui la ramenait à la conscience d’elle et du monde, c’était la musique. Quand je lui jouais du piano, elle ne savait pas du tout qui j’étais, elle ne se souvenait plus alors qu’elle m’avait à moitié élevée, qu’elle s’était beaucoup occupée de moi. Mais quand je lui jouais du piano, d’un seul coup, elle redevenait totalement elle-même. Son rapport au monde était totalement fluide, c’était son territoire de conscience et son territoire de liberté. Ça m’a fascinée de voir que cette femme, qui disait fourchette à la place de bonjour, qui avait la raie dans le mauvais sens et qui ne se souvenait même plus de son propre prénom, gardait son territoire, que la musique restait envers et contre tout son endroit de résistance. C’était incroyable."
N.O