Il y a énormément d’attente pour cette émission. L’avez-vous sentie à l’annonce du casting sur les réseaux sociaux ?
Nicolas Missoffe : Oui. Cela fait 20 ans que je produis des émissions de télévision et je n’ai jamais vu ça. 48 heures après avoir lancé l’appel à casting sur les réseaux sociaux, nous étions déjà à plus de 10 000 followers sur Instagram, 4000 sur Twitter. On reçoit des mails, des appels, des textos de tout le monde, aussi bien de gens de la production qui veulent travailler sur l’émission, que des célébrités volontaires pour être jurés, que des anonymes qui veulent postuler ou nous recommander quelqu’un. La force de ce format est impressionnante.
Comment adapter ce format en France ?
Si on le voulait, nous pourrions le retranscrire tel quel. C’est un format très fort, très puissant, avec un vrai ADN. Mais nous avions envie de garder tout ce qui en fait le sel tout en le "francisant" au maximum. C’est un concours pour trouver la prochaine drag queen superstar et qui mélange différents défis à relever pour gagner la saison. L’idée c’est donc justement que les défis soient très français avec des thèmes liés à nous, à notre pays. Sur la célèbre épreuve des "Lip Sync Battles", les candidats s’affronteront sur des titres français. Nous ferons en sorte que quiconque allumera son écran comprendra tout de suite qu’il est sur la version française du programme.
Vous dites "allumez son écran", cela veut dire que ce sera plutôt en télé ?
C’est impossible de le dire pour le moment mais oui, nous avons un diffuseur.
C’est un programme qu’on imagine autant sur TF1 que sur Amazon par exemple…
Il y a eu de tout dans les autres pays. On se rend compte que l’émission est la même que ce soit sur une plate-forme ou sur du linéaire.
Évidemment, on se dit qu’il va falloir trouver un RuPaul français !
Oui. On travaille de façon très intelligente, main dans la main avec le diffuseur original. Nous sommes en discussion. Ce n’est que le début de la production.
Quel type de personnalité allez-vous chercher ?
Une personnalité qui pourra représenter l’émission, qui ait du caractère, qui connaisse le milieu des drag queens, qui soit légitime. C’est extrêmement important pour nous que tout ceux qui participent soient légitimes, que ce soit à l’animation, pour les guests, pour le jury…
Selon vous, les Français sont aussi prêts à accueillir cette émission que l’ont été les Américains ?
La culture Drag en France est présente depuis quelques années. Elle a une place de plus en plus importante dans l’hexagone et pas uniquement à Paris, elle s’exprime dans les petits villages, dans les villes de taille moyenne…C’est une culture qui se développe de plus en plus et qui est extrêmement importante aujourd’hui.
Qu’est-ce qui fait le succès de cette émission selon vous ?
Je pense que c’est grâce aux valeurs qu’elle véhicule. C’est une émission festive, créative qui prône l’amour de soi, l’amour de tous, l’ouverture d’esprit et l’acceptation.
Est-ce que vous avez déjà un calendrier de production ?
On vient de lancer le casting, les gens peuvent s’inscrire jusqu’au 15 décembre. C’est la première étape. C’est très excitant pour nous.
Interview Amandine Scherer