En 1987, vous rejoignez l’unité des programmes jeunesse de TF1 et lancez Club Dorothée qui va réaliser jusqu’à 60 % de parts de marché. Aviez-vous conscience du phénomène qui se créait ?
Dorothée : De l’intérieur, on ne voyait pas les choses de la même manière. Les décors et les programmes s’étoffaient et les téléspectateurs affluaient, mais cela s’est fait progressivement.
Club Dorothée a reçu aussi bien Chuck Berry que sœur Emmanuelle et des ministres. Comment expliquez-vous un tel éventail d’invités ?
Le programme était ouvert à tout le monde, c’était le principe. On faisait des gags, on se lançait des tartes à la crème, mais nous savions aussi être sérieux. Rapidement, nous avons développé des émissions telles que Terre, attention, danger ou les Noël de l’amitié. La solidarité et l’écologie ? Il était inconcevable, pour nous, de passer ces thèmes sous silence.
Comment avez-vous vécu l’arrêt brutal de Club Dorothée, le 31 août 1997 ?
Cela a été un choc, car on nous l’a annoncé tard, sans délicatesse ni explications. Il a fallu prendre d’autres habitudes, mais ça m’a permis de me consacrer aux miens.
Que pensez-vous des programmes pour enfants, aujourd’hui ?
Je crois que l’on ne respecte plus les jeunes téléspectateurs. La télévision est devenue une boîte déshumanisée qui ne s’adresse plus du tout à eux. C’est pour cela qu’ils la désertent pour "consommer" du contenu différemment (…)
Une interview réalisée par Adeline Quittot, à lire en intégralité dans le numéro anniversaire de Télé 7 jours, disponible en kiosques.