Comment avez-vous vécu votre toute première prestation ?
Keiona : C’était plutôt intense ! Malgré les 15 jours d’entrainement, je suis arrivée sur le plateau avec un mélange de stress, d’excitation mais aussi l’envie de réussir cette première danse. Je me suis dit : « C’est l’heure d’y aller, je donne tout ».
Dès votre entrée sur scène, vous aviez ce regard de « tueuse ». Vous n’êtes pas venue faire de la figuration !
(Rires). Il faut se mettre dans le personnage, dans le mood car on vient effectivement dans cette émission avec un objectif. Ça reste une compétition, une succession d’épreuves. Il faut se plonger dedans. Bien sûr, il y aussi du plaisir et de l’amusement, mais à la fin, il y a des notes et un classement. Je suis une battante, je sais que certaines personnes ne m’attendaient pas forcément dans ce programme. Je l’ai bien senti sur les réseaux sociaux, à l’annonce de ma participation. Danse avec les stars donne l’opportunité à des personnalités de montrer de quoi ils sont capables.
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Il vous a fallu vous « dépatouiller » avec le fox-trot samedi dernier…
J’ai essayé de tricher en répétition mais ça n’a pas fonctionné ! (Rires). Ce n’est pas une danse facile. Il a fallu que j’y aille en demi-pointe, en ballerine, parce que c’était la seule solution pour que nos deux corps rentrent dans le cadre et de pouvoir tout allier.
Vous êtes déjà présentée comme la favorite. Ce n’est pas trop de pression ?
Non, car je pense que les téléspectateurs ont chacun et chacune leur favori(e). Et si on parle en termes de niveau des candidats, je pense que j’ai beaucoup à craindre de Inès Reg, de Nico Capone, de Natasha St-Pier et de Roman Doduik. Mais je ne me mets pas de pression, c’est un plaisir que les gens me voient aller loin dans la compétition. J’essaie de profiter au maximum et de devenir meilleure.
Étrangement, les gens vous ont reproché d’être trop douée pour une première !
C’est très français. Pourtant, nous sommes un pays qui excelle dans tout un tas de domaine : le breakdance, le skateboard, la mode, la parfumerie… C’est exactement pour cela que je suis fière d’être française. Mais il y a quand même une certaine ambivalence : pour certaines personnes, « trop bien », ce n’est pas bien ! J’essaie de ne pas y prêter attention. J’ai dit sur Twitter que je n’allais pas m’excuser d’avoir du rythme, d’être motivée et de bien danser. Et puis ce n’est pas la première fois dans l’histoire de Danse avec les stars qu’il y de bons danseurs au casting : Billy Crawford, M.Pokora, Sofia Essaïdi, Tonya Kinzinger…Les gens ont la mémoire courte !
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D’où vous vient votre aisance sur le parquet ?
J’ai toujours rêvé d’être sur scène. C’est l’endroit où je me sens le plus libre, où je ne pense plus à rien d’autre qu’à ma prestation. Oubliés les soucis de la vie, les tracas du quotidien, il n’y a plus que le moment présent qui existe. Pendant deux minutes, c’est Maxime (Dereymez, son partenaire), moi et les lumières.
Est-ce vrai que plus jeune, la danse vous a libérée ?
Oui. Le mouvement en général m’a appris à me connaître, à trouver ce que j’aimais faire. La danse peut changer la façon dont on aime marcher, dont on se présente, dont on se tient. Elle m’a fait évoluer en tant que personne.
Maxime Dereymez était inquiet de votre différence de taille. Comment l’avez-vous rassuré ?
Il faut savoir qu’en danse de salon, le partenaire masculin est toujours le plus grand des deux. C’est lui qui mène la prestation. Les inquiétudes de Maxime ont vite été balayées par mes capacités à bien faire. Et puis, il a fallu ajuster des petites choses : il a mis des talonnettes et moi des talons moins hauts, ce qui n’est pas plus mal. On a trouvé notre équilibre, notre cadre. Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il s’inspire toujours de ses partenaires pour personnaliser chaque danse. Au-delà de la chorégraphie, j’arrive à m’amuser et à m’exprimer.
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Le fait qu’une drag queen noire participe à une émission populaire, en prime time, sur TF1, qu’est-ce que cela symbolise pour vous ?
Beaucoup car c’est ce que j’aurais aimé voir quand j’étais plus jeune, à la télé. Je ne me suis pas reconnu sur le petit écran pendant un très long moment. C’est une victoire pour plein de jeunes Français qui me ressemblent ou qui sont simplement racisés. Ça ne devrait pas être exceptionnel, mais ça l’est. Il faut faire évoluer les choses et les mentalités. Grâce à nous, les jeunes s’intéressent à l’émission et reçoivent nos messages de tolérance, mais aussi de réussite. Je ne suis pas un personnage de conte de fée, tout ce qui m’arrive est bien réel, je vis de mon art. C’est très important pour moi d’être là et de représenter ce que je suis, j’en suis très fière.
Comment en arrive-t-on à avoir autant de charisme ?
Il faut avoir connu l’adversité mais surtout, quelle que soit l’épreuve que l’on traverse, il faut y aller en conquérant, avec confiance et culot, croire et faire croire, le temps d’un instant, que l’on est la meilleure et la plus belle. C’est ce que je fais avant chaque prestation et je le recommande à tout le monde ! Créez l’illusion !