Complément d’enquête – Tristan Waleckx : « On a eu beaucoup de procès en diffamation, on n’en a perdu aucun »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:30
© Nathalie GUYON-FTV
INTERVIEW. Tristan Waleckx, le rédacteur en chef et présentateur de Complément d'enquête, nous raconte les coulisses de ce programme pas comme les autres.

Dépenses publiques, corruption et, ce soir, antisémitisme… Les enquêtes se suivent, mais sont-elles plus ou moins compliquées à mener ? 

Tristan Waleckx : Complément d’enquête est devenu, au fil des années, une marque forte. Tout le monde connaît l’émission, et il devient donc plus facile de convaincre les gens de nous parler. On reçoit même des informations de la part de lanceurs d’alerte. Nos enquêtes peuvent aussi faire peur à certains, qui se méfient de nous. Nous investiguons de manière nuancée et subtile, sans être complaisants ni à charge. Nous sommes un mélange de Cash Investigation et d’Un jour, un destin

Tristan Waleckx : "On a eu beaucoup de procès en diffamation, on n’en a perdu aucun"

Certains reportages ont remporté des prix, d’autres vous ont valu des procès en diffamation, voire des menaces de mort. Est-ce plutôt stimulant ou décourageant ? 

C’est globalement stimulant. Pour être journaliste d’investigation, il faut être un peu maso. Si on ne veut plus traiter certaines thématiques par crainte de s’attirer des soucis, alors c’est le début de la fin. Pour info, on a eu beaucoup de procès en diffamation, on n’en a perdu aucun. Nous avons aussi le soutien de la direction de France Télévisions : quand elle reçoit des pressions extérieures pour ne pas diffuser nos sujets, cela n’a aucune incidence. 

Certaines enquêtes demandent des mois de travail, d’autres moins. Avez-vous plusieurs projets sur le feu ? 

En effet, l’enquête sur la corruption, dans laquelle un policier nous révèle qu’il a vendu des renseignements à des narcotrafiquants (diffusion le 25 septembre, ndlr) a demandé dix-huit mois d’investigations. On a une grosse enquête en cours sur la fast fashion, avec de bonnes révélations… 

Le terrain manque-t-il parfois au reporter que vous êtes ? 

J’adore avoir « les mains dans le cambouis » et le nez dans les enquêtes, mais j’aime aussi les interviews. Et avec la séquence du fauteuil rouge, je suis servi. Je ne suis pas qu’un lecteur de fiches. 

Complément d’enquête, jeudi 2 octobre à 23h00 sur France 2

Par
Corinne Calmet