C’est une question qui revient souvent lorsqu’il s’agit d’humour : peut-on rire de tout et s’exprimer librement en tant qu’humoriste de nos jours ? Jérémy Ferrari a une idée bien à lui de ce sujet. Présent sur le plateau de Quotidien sur TMC ce jeudi 2 mars pour présenter son spectacle Anesthésie générale qu’il jouera entre autres à l’Accor Arena les 9 et 10 mars 2024, l’artiste réputé pour son humour noir estime que la censure est toujours présente selon les situations : "La censure, c’est un grand débat. Je ne vais pas vous dire qu’il n’y a pas de censure, que ça n’existe pas. J’ai la chance d’avoir pu éviter la censure. Jusqu’à présent, on m’a toujours laissé travailler comme je le souhaitais. (…) Il y a de la censure, il y en a partout, sur toutes les chaînes, sur tous les groupes. Pour une simple et bonne raison : vous ne pouvez pas demander à un animateur de télévision ou un directeur de programme d’avoir la même flamme que vous. (…) Il y a des animateurs qui ont cette fibre là et qui ont envie de laisser les humoristes parler puis d’autres non."
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Jérémy Ferrari n’a en effet jamais été confronté à une telle situation, lui qui a pu exprimer des sketchs plus osés les uns que les autres lors de son explosion dans On n’demande qu’à en rire (2010-2012) ou lors de ses émissions plus récentes sur C8 : "J’ai les duos impossibles de Jérémy Ferrari qui sont diffusés sur C8, je n’ai aucune coupe, c’est moi qui ai le « final cut ». Sur France 2, j’ai pu faire absolument ce que je voulais. Après, tout le monde n’a pas cette chance. Laura Laune, que je produis, a été censurée sur France 2, on lui a coupé un sketch complet sans rien nous dire. Moi, ça ne m’est jamais arrivé."
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Alors que l’on peut entendre parfois "qu’on ne peut plus rien dire aujourd’hui" et que les artistes peuvent facilement être censurés, Jérémy Ferrari a tenu à rappeler que cela a toujours existé dans son métier et ce, même avec les plus grands noms de la profession : "C’est à chacun de se battre pour sa propre liberté d’expression. Il ne faut pas accepter la censure, mais penser qu’il n’y aura plus de censure, c’est illusoire. Penser que c’était mieux avant, c’est encore plus illusoire. Ce qui me rend fou, qui me rend le plus dingue, c’est de dire « les Coluche ne pourraient plus exister maintenant ». Ça, c’est une insulte aux humoristes actuels qui font des choses sur scène, et ce n’est pas vrai. Coluche était censuré à la radio, il s’est fait dégager d’Europe 1. Renaud, sa chanson Hexagone, était censurée à la radio. Donc dire qu’à l’époque c’était formidable, qu’on pouvait tout dire et que maintenant on ne peut plus rien dire, c’est complètement faux. C’est une insulte au public et aux humoristes."
N.O