Avec Hôtel du Temps, Thierry Ardisson a travaillé d’arrache-pied dans l’ombre pendant plusieurs années pour proposer une émission aussi ambitieuse que novatrice. Au départ, cette expérience n’a été qu’une succession d’obstacles. D’abord, l’animateur-producteur confie dans l’émission LEGENDS sur YouTube qu’il a eu "beaucoup de mal" à financer ce programme : "C’était dur. (…) Au CNC ils m’ont dit ‘on ne sait pas si c’est du documentaire ou de la fiction, donc on ne vous donne pas d’argent’. J’ai dit : ‘mais vous ne me donnez pas d’argent parce que c’est nouveau !’. ‘Voilà, c’est ça. Parce que c’est nouveau’. La France… Heureusement, le patron du CNC m’a aidé".
Ensuite, écrire les trois numéros a été "un gros boulot, parce que tout ce que disaient les gens dans l’émission était vrai". Si ce travail s’est "bien passé" avec les proches de Jean Gabin et Dalida, "avec les enfants de Coluche, c’était une punition, ça a duré un an", raconte Thierry Ardisson. Le concept reposait sur un élément qui avait polémique, à savoir redonner vie à des stars disparues le temps d’une dernière interview grâce aux nouvelles technologies. "Tu vois pas que c’est pas eux, quoi. C’est vraiment… C’est pas du deepfake à deux balles comme Canteloup, tu vois ! C’est chiadé", se vante Thierry Ardisson, taclant au passage l’imitateur en quotidienne sur TF1.
Malgré l’annulation de l’émission faute d’audience sur France 3, ce projet est un succès puisque "ça a été acheté par les américains Warner Bros qui veulent le faire dans le monde entier", affirme-t-il face à Guillaume Pley. Celui qui a bâti sa carrière grâce à ses talents d’inventeurs n’hésite d’ailleurs pas à dire que le studio a eu "une bien meilleure idée" que lui en modifiant le principe de son programme. Aux États-Unis, ce seront des célébrités qui intervieweront des stars décédées. Les producteurs américains rêvent par exemple d’un numéro où John Lennon serait "interviewé par McCartney". Enfin, il y a quelques jours, Hôtel du Temps a reçu une nomination aux Emmy Awards, prestigieuse cérémonie américaine qui récompense les oeuvres du petit écran. "Fin novembre, je pars à New York, dans la salle avec les tables comme on voit dans les films. Tout le monde est à sa table, en smoking… Même si je gagne pas, c’est cool !", s’enthousiasme Thierry Ardisson qui devrait croiser de nombreuses stars lors de ces Oscars de la télé.