Ce que Pauline ne vous dit pas (France 2) : Cette scène que Pierre Arditi a trouvé « extraordinaire à jouer »

Publié le 16 mars 2022 à 12:29
Le comédien donne toute la mesure de son talent dans le rôle d’un homme perfide, qui s’acharne à détruire sa belle-fille.

Vous incarnez Bernard Borel, le père de la victime. Qu’est-ce qui a vous attiré dans ce personnage ?

Pierre Arditi : Il était intéressant à jouer pour sa duplicité. Bernard Borel apparaît, de prime abord, comme un bourgeois sympathique, bienveillant, libéral, puis, au fur à mesure, il se révèle être un homme particulièrement odieux. C’est ce travail qui m’a intéressé. Cette façon de contenir sa nature monstrueuse et de ne la livrer que par petites touches. Il y a notamment cette scène où il se retrouve face à Pauline (Ophélia Kolb, ndlr), qu’il démolit complètement avec des mots très durs. J’ai trouvé cette séquence extraordinaire à jouer. À mes débuts, Laurent Terzieff m’avait donné ce conseil, que je n’ai jamais oublié : "Quand vous voulez mépriser quelqu’un, ne le regardez pas comme un être humain, mais plutôt comme un objet, une cafetière, un tiroir decommode…"

Il ne croit pourtant pas à la culpabilité de sa bru dans l’assassinat de son fils. Pourquoi s’acharne-t-il ainsi ?

Il méprise Pauline, comme il se fiche de sa propre famille. Il n’y a que sa femme, Blandine (Hélène Alexandridis) qui semble trouver grâce à ses yeux. Borel ne voit, dans les malheurs judiciaires de Pauline, que l’opportunité de récupérer ses petits-enfants.

Cette série pose un regard critique sur la justice. Est-ce que vous le partagez ?

Je ne pense pas que ce soit une critique de la justice, mais un état des lieux de l’institution. Elle est montrée comme un engrenage qui, lorsqu’il vous a happé un doigt, peut vous broyer tout entier. Mais cette série ne se limite pas à ça. Elle est bien plus ambitieuse. À travers l’histoire de Pauline, injustement accusée d’avoir assassiné son mari, on évoque aussi des sujets tels que l’emprise psychologique ou la violence des rapports de classes. Je ne suis pas très fan des films sociologiques à la télévision, mais je dois avouer que nous avons là une œuvre complexe et originale, de celles que l’on n’a pas souvent l’habitude de proposer à la télévision. Le réalisateur, Rodolphe Tissot, a dépeint les caractères des personnages avec justesse et profondeur, et les acteurs, dont certains jeunes que j’ai découverts à cette occasion, ont été formidables. Cela dit, je n’ai pas encore vu la série. Il m’est impossible de me regarder à l’écran. Même si l’on m’assure que je suis très bien, quand je me vois, je suis persuadé du contraire ! (Rires)

Ça ne vous empêche pas de continuer à tourner, pour notre plus grand plaisir…

J’ai tourné dans la foulée, pour France 3, un unitaire, Mémoire trouble, réalisé par Denis Malleval : l’histoire d’un ancien flic qui perd la mémoire, et qui va mener une contre-enquête avec son fils. Quant au cinéma, j’ai enchaîné deux films : Adieu Paris, d’Édouard Baer, et La Scala, de Bruno Chiche, dans lequel j’ai pour partenaire Yvan Attal, qui m’a dirigé l’an dernier dans son film Les Choses humaines. En attendant, je joue avec mon épouse, Évelyne Bouix, au Théâtre de la Renaissance, Fallait pas le dire !, la pièce de Salomé Lelouch.

Ce que Pauline ne vous dit pas : mercredi 16 mars à 21h10 sur France 2

Interview Hacène Chouchaoui 

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