Le téléfilm s’ouvre devant un commissariat où Marina, votre personnage, s’apprête à porter plainte pour viol contre Grégory, son ex-conjoint (joué par Clovis Cornillac). Une démarche qui demande du courage…
Caroline Anglade : Oui, d’autant que le violeur en question est également le père de son fils. Mais, malgré tout l’amour que Marina porte à cet enfant et l’envie qu’elle a de le protéger, elle se doit de parler. Sinon, la souffrance l’anéantira.
Pourquoi a-t-elle attendu d’avoir quitté cet homme pour aller le dénoncer ?
À cause de cette vieille conception du devoir conjugal ! Comme beaucoup de femmes, Marina n’a pas eu conscience que ces relations sexuelles forcées étaient considérées comme un crime, un acte passible de poursuites et de sanctions pénales, depuis 1990. Elle apprend cependant que, faute de preuves matérielles, il sera impossible de le poursuivre… C’est sa parole contre celle de son bourreau. Apporter la preuve d’une relation sexuelle non consentie, c’est toute la difficulté de ces dossiers. C’est l’une des raisons pour lesquelles un grand nombre de femmes n’osent pas entrer dans un commissariat. Et quand elles trouvent le courage d’y aller, soit on leur renvoie un sentiment de culpabilité, soit on leur dit que, sans preuve, on ne peut pas agir. Aujourd’hui, encore, une victime sur deux ne porte pas plainte. C’est énorme !
Mais Marina, elle, ne va pas baisser les bras…
C’est tout le sujet du téléfilm. Marina se lance dans un long combat. Elle va tenter de savoir si Grégory a déjà commis de tels actes sur ses autres compagnes, dans l’idée de recueillir des témoignages.
Comment avez-vous abordé ce rôle, que l’on imagine délicat ?
Pour me protéger, j’ai fait un gros travail de préparation avec ma coach, Juliette Moltes. J’ai aussi lu énormément de témoignages de femmes. Certaines sont dans la colère, d’autres dans la résilience, ou dans le déni… La difficulté du rôle était de savoir quelle direction prendre. J’ai choisi d’en faire non pas une victime, mais une combattante, qui trouve la force de lutter, aux côtés d’autres femmes qui ont subi le même traumatisme.
Traiter ce sujet dans un film était une nécessité, selon vous ?
Bien sûr… C’est plus qu’utile si cela permet de libérer la parole et de faire prendre conscience, aux femmes comme aux hommes, qu’il s’agit d’actes répréhensibles par la loi.
À lire également
Dans un registre plus léger, vous êtes, depuis le 26 octobre, à l’affiche de Plancha, la comédie d’Éric Lavaine, qui remet en scène, huit ans après Barbecue, la même bande de copains. Comment avez-vous été accueillie par cette joyeuse troupe ?
Merveilleusement. D’autant que je joue l’épouse de Franck Dubosc, avec qui j’ai une grande complicité. Je ne connaissais pas les autres acteurs. Mais, avant le tournage, Lambert Wilson a eu la délicatesse de demander à Éric Lavaine de faire une projection de Barbecue, pour Alice Llenas et moi, les petites nouvelles. Le ton était donné…
INTERVIEW CATY DEWANCKÈLE
Info + : Le téléfilm sera suivi à 22h45 du documentaire Combattre leur violence (réalisé par Florie Martin et produit par Mélissa Theuriau) et d’un débat présenté par Marie Drucker