Capital (M6) : Dans les coulisses du Cirque du Soleil

Publié le 22 octobre 2023 à 9:22
Martin GIRARD
Après cinq ans d’absence, cet acteur majeur du spectacle vivant est de retour en France. Notre reporter est allé à la rencontre de la troupe, à Bruxelles.

Après avoir frôlé la catastrophe financière en 2020 durant la crise du Covid, avec 44 spectacles annulés, le Cirque du Soleil, qui révolutionne le genre depuis 1984, fait son retour en Europe. Les quatre mâts du légendaire chapiteau se dressent au parc des Expositions de Bruxelles, où il s’est installé jusqu’au 5 novembre, en attendant son arrivée en France, à partir du 16 novembre, à Chatou (Yvelines). Un village cosmopolite s’est organisé autour du chapiteau. 

UN SHOW GRANDIOSE 

Kurios, 35e création du Cirque du Soleil, qui en compte 51, c’est d’abord 49 artistes et une équipe de 122 techniciens venus des quatre coins du monde, une centaine de costumes et 85 camions, pour transporter 2 000 tonnes de matériel. Ce show aux allures de comédie musicale ne déroge pas à la règle : casser les codes classiques et faire place à la poésie. Kurios nous entraîne à l’époque de l’Exposition universelle de Paris en 1900, ce monde où l’arrivée de la fée électricité va tout bouleverser. On pénètre dans le cabinet de curiosités d’un vieil inventeur. Et ce dernier donnera vie à ses machines les plus farfelues : vélo volant, homme-accordéon, contorsionniste- anguille, mains mécaniques géantes…Tout cela est prétexte à des numéros d’acrobatie, de voltige et de jonglerie au cours desquels les artistes rivalisent de virtuosité, de grâce et de poésie. Le Québécois Michel Laprise, metteur en scène de théâtre qui a, entre autres, travaillé sur le spectacle de Madonna en 2012, en est l’auteur : « Quand j’ai vu les quatre mâts du chapiteau, j’ai pensé à une antenne de radio géante qui capterait l’énergie de l’invisible pour se manifester dans le corps des artistes et irradier ensuite l’âme du public. » 

DES ARTISTES DU MONDE ENTIER 

Le Cirque du Soleil, c’est aussi le champ de tous les possibles, à l’image de l’un de ses fondateurs, Guy Laliberté, artiste de rue devenu, en 2009, le premier clown dans l’espace, en séjournant dans l’ISS. La Québécoise Sophie Guay, la chanteuse principale, a été coiffeuse avant d’intégrer la troupe en 2010 : « Je chante depuis toute petite. En 2008, j’ai eu la chance de travailler en tant que coiffeuse sur une comédie musicale, je connaissais les chansons par coeur. J’ai fait part de mon envie de chanter. Le directeur m’a alors donné ma chance. » Quant aux Français, ils ne sont absents de la distribution. La Strasbourgeoise Anne Weissbecker présente un numéro époustouflant de vélo volant : « J’ai toujours voulu être artiste. À 18 ans, j’ai rejoint l’École nationale de cirque, à Montréal, et j’ai intégré le Cirque du Soleil en 2013. » Mathieu et Thomas Hubener sont deux frères antibois. Gymnastes de haut niveau, ils réalisent des numéros vertigineux d’acrobatie. Thomas a d’ailleurs participé à plusieurs reprises à Ninja Warrior, il a même fini deuxième. Le dernier mot revient au metteur en scène Michel Laprise : « Mon approche des artistes est centrée sur l’humain. Chacun recèle des richesses insoupçonnées qui ne demandent qu’à s’exprimer. » 

Capital, dimanche 22 octobre à 21h10 sur M6

Par
Hacène Chouchaoui