Camille Lellouche : « Je ne vais pas donner de faux espoirs dans The Voice, Comeback »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 22:21
David Boyer/ABACAPRESS.COM
Demi-finaliste de The Voice 4, Camille Lellouche revient dans l’émission qui l’a fait connaître pour devenir coach d’une compétition parallèle à voir bientôt sur MYTF1. Dans The Voice, Comeback, elle donnera une seconde chance à huit talents éliminés de la compétition principale. Le meilleur d’entre eux ira directement en demi-finale de The Voice 13. La chanteuse, humoriste et comédienne s’est confiée sur ce nouveau rôle à Télé 7 Jours quelques jours à peine avant le début du tournage des auditions à l’aveugle.

Il parait que vous rêviez depuis longtemps de rejoindre la famille The Voice…Vous les avez soudoyés ?

Non (rires) ! Ils me disent depuis des années que ce serait une bonne chose que je sois dans l’émission. Mais j’étais dans ma période humour et ce n’était pas cohérent.. Quand j’ai commencé mon premier album, j’étais co-coach de Patrick Fiori. J’ai adoré ça ! Je lançais à chaque fois : "Quand vous voulez pour le siège !" C’était une question de timing et de disponibilité. J’ai refusé deux fois d’être coach en Belgique car j’étais à chaque fois en tournée et il m’était impossible de cumuler les deux. L’émission demande beaucoup de temps et d’investissement.

En quoi va consister votre rôle dans The Voice, Comeback ?

J’ai la même mission que les coachs mais en parallèle et dans une autre pièce ! Je suis très contente de commencer par là. Quand j’ai participé à l’émission, j’ai été sauvée trois fois d’affilée par Florent Pagny ce qui m’a beaucoup touchée. En arrivant dans The Voice, on a tous un parcours plus ou moins compliqué. Faire un métier artistique est éprouvant. On a parfois envie d’arrêter. J’étais vraiment dans l’urgence lorsque j’ai participé à la saison 4. J’avais déjà accumulé tant de peines et de refus, il ne me restait que ça. Je me disais que s’ils ne se retournaient pas, j’arrêtais tout. Je suis heureuse de pouvoir offrir cette seconde chance, et cet ascenseur émotionnel, à quelqu’un.

Vous avez un peu un superpouvoir !

Exactement mais je l’utiliserai à bon escient. Je n’en profiterai pas et je ne donnerai pas de faux espoirs. Je suis quelqu’un de très juste, de très entier et très bienveillant. Mais c’est tout ou rien ! Je ne prendrai pas un candidat parce qu’il m’a fait de la peine mais parce qu’il a du talent et m’a touchée.

Et parce qu’il peut aller loin ?

Non, je choisirai à l’instinct et à l’émotion et pas parce que j’ai besoin de tel artiste ou telle voix dans mon équipe. Je fonctionne au feeling : il faut que je vibre, que mon corps réagisse, que la personne vienne transpercer mon cœur… Et ça suffira. C’est déjà pas mal !

Que pensez-vous pouvoir leur apporter en tant que coach ?

Mon expérience. Je veux leur transmettre ce que j’ai appris ainsi que de l’assurance et de la confiance en soi. Je veux leur apprendre à ressentir profondément la musique et l’interpréter avec ses tripes et son âme. Le métier d’artiste est viscéral pour moi. Certains travaillent toute leur vie et n’ont pas toujours la chance d’être connus. J’ai hâte et peur en même temps, un peu comme pour une rentrée des classes.

Quel est votre objectif ?

Gagner ! Et que les coachs se disent : "Comment j’ai pu louper cette perle ?!". Certains talents ne choisissent pas forcément la bonne chanson. Je n’ai jamais eu de "oui" tout de suite dans tout ce que j’ai entrepris. J’ai donc beaucoup de chance de leur offrir cette seconde chance.

Quels souvenir gardez-vous de The Voice après votre participation en 2015 ?

Les auditions à l’aveugle ont vraiment été mon moment le plus fort. Je me disais que c’était maintenant ou jamais ! Il n’y a pas de bruit quand ils buzzent. J’étais tellement dans l’interprétation… Lorsqu’en ouvrant les yeux j’ai vu Jennifer se retourner en ouvrant les yeux… Ma voix tremblait un peu avec le trac et l’émotion mais je me rappelle la délivrance et l’apaisement ressentis. Je traversais une période de ma vie très compliquée. Je souffrais beaucoup et je n’étais pas heureuse. The Voice a illuminé tout ça. Mon but n’était pas de gagner mais d’aller en demi-finale pour faire la tournée des Zéniths.

Quels conseils auriez-vous aimé avoir à vos débuts ?

J’aurais aimé que mon entourage me fasse davantage confiance même s’il a toujours cru en moi. Il y a beaucoup de médecins, avocats ou comptables dans ma famille, mais pas d’artistes même si mon grand-père et mon père peignaient très bien. Mais c’était un passe-temps pour eux. Ma famille pensait que le piano et la musique deviendraient la même chose pour moi. Ça m’a un peu manqué qu’ils ne prennent pas ça au sérieux. J’ai dû faire mes preuves avec le public mais aussi avec mes proches. C’est ce qui a fait naître mon perfectionnisme et mon envie de faire toujours mieux. J’ai attendu entre 50 et 80 dates avant de montrer mon spectacle à ma mère, ce qui est quand même beaucoup. La première chose qu’elle m’a dit c’est : "Je ne pensais pas que ce serait aussi bien". Ce n’était pas méchant, mais elle ne se rendait pas compte à quel point je travaillais. 

Pensez-vous que votre humour a empêché certaines personnes de vous prendre au sérieux au départ ?

Ça a peut-être dû me parasiter à un moment donné alors que l’humour est bien plus difficile que la musique et la chanson. Il faut du rythme et une mélodie pour faire des blagues sur scène. Le public doit rire à un moment précis : c’est beaucoup de rigueur. Je travaille beaucoup car j’ai besoin que ce soit parfait même si la perfection n’existe pas. J’essaie au moins de m’en approcher. Certains me trouvent chiante car je suis exigeante. Mais les plus intelligents comprennent que j’essaie juste de faire des choses biens.

Par
Pauline Hohoadji