Vous ne perdez rien de votre humour, jour après jour, malgré le rythme éreintant de la quotidienne. Comment gardez-vous l’inspiration intacte ?
Bertrand Chameroy : Ce n’est pas toujours évident. Il y a des jours, voire des semaines, plus compliqués que d’autres, quand l’actualité est plus sombre. J’essaie de me renouveler sans cesse. J’ai envie de continuer ce que je fais, mais sans lasser les gens qui regardent l’émission ou ceux qui sont autour de la table.
"Je passe mes journées à me moquer gentiment des autre"
L’actualité de ces derniers mois a été un beau terrain de jeu ?
Oui, entre les remaniements, l’attente de nomination du Premier ministre, les casseroles de François Bayrou… La politique et les chaînes d’info sont mes domaines de prédilection.
Il vous arrive de faire des flops en plateau ?
Ah, oui ! Et ce n’est pas quelque chose qui me dérange ou qui me fait peur, bien au contraire. Le direct laisse la place aux « fours ». Je suis le premier à en rire. Je passe mes journées à me moquer gentiment des autres : si je n’avais pas d’autodérision, ce serait compliqué.
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Faut-il également conjuguer avec des couacs plus techniques ?
Oui ! Dernièrement, j’ai d’ailleurs connu une mésaventure du genre. Cinq minutes avant d’entrer en plateau, quelqu’un a renversé un verre d’eau sur mes fiches et s’est proposé gentiment de me les réimprimer. En plein direct, je me suis rendu compte qu’il manquait une page. Ma rédactrice en chef a dû me souffler le texte dans l’oreillette. Je crois que le résultat était très robotique ! (Rires)
Bertrand Chameroy évoque sa dépression
Vous avez évoqué, il y a peu, les raisons de votre absence de l’antenne en janvier : il s’agissait d’une dépression…
Je n’ai pas forcément envie de revenir en détail sur le sujet, mais j’ai reçu tellement de messages après cet aveu, que j’ai compris l’importance de l’avoir fait. Beaucoup d’entre nous ont un rythme de vie soutenu, se noient dans le travail et oublient de regarder autour d’eux. Il faut savoir s’écouter.
Le rythme de la quotidienne y est aussi pour quelque chose ?
C’est vrai que chaque jour, on repart d’une page blanche, mais j’adore ça. Je travaille sur ce format d’émission depuis douze ans. Je ne suis pas masochiste : si c’était trop difficile, j’aurais arrêté depuis longtemps.
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Vous avez récemment fait vos « adieux » à France Inter, « dans l’indifférence générale » selon vos propres mots, après avoir remplacé Matthieu Noël pendant son congé paternité ! On peut dire que vous avez un sacré sens de l’humour…
(Rires) Je me suis tellement amusé à faire cette chronique ! La radio me manquait, et le faire sur cette station, dans cette matinale, avec cette équipe, c’était une belle opportunité. J’espère que ce sont des adieux « à la Michel Sardou », et que je reviendrai.
Bertrand Chameroy : "je suis très attiré par la fiction"
Aimeriez-vous retenter l’expérience d’une émission en solo, même si la dernière, Bertrand n’a pas sommeil, sur France 2, n’a pas eu le succès escompté ?
Quand je me suis retiré de l’antenne, pendant quelques semaines, j’ai beaucoup réfléchi. J’en suis arrivé à la conclusion que je prenais plus de plaisir dans le rôle de chroniqueur que d’animateur. En revanche, je suis très attiré par la fiction. Je ne sais pas si je serais bon comédien, mais c’est quelque chose qui me plairait.
C à vous, à 18h55 sur France 5