Avec plus de 40 ans de carrière, Didier Roustan a des choses à raconter. Le spécialiste du football a ainsi écrit un livre, intitulé Puzzle, publié aux éditions Marabout au mois de septembre dernier, où le célèbre journaliste revient sur les moments marquants de sa vie dans l’univers du ballon rond mais aussi dans l’univers médiatique. Ce mercredi 8 novembre, Didier Roustan était présent au micro de Sud Radio pour présenter son ouvrage. L’occasion pour celui que l’on peut retrouver dans L’Équipe du Soir sur La Chaîne L’Équipe de revenir en profondeur sur son aventure à Téléfoot, émission culte à laquelle il a grandement contribué : "Téléfoot, ça a été une histoire d’amour. J’ai grandi avec Téléfoot. Je suis arrivé à TF1 en 1976, Téléfoot est né en 1977. C’est là où j’ai appris mon métier, où je me suis « réalisé ». Je l’ai quitté en 1989, donc j’ai fait 13 ans de TF1 et 12 ans de Téléfoot."
Malgré son attachement à Téléfoot, Didier Roustan décide de ne plus participer au magazine, avant de quitter définitivement TF1 : "À partir du moment où je suis parti, ça a été une rupture assez violente même si c’était mon choix. Mais je n’étais plus en accord avec les gens qui sont arrivés, notamment de chez Bouygues. Je n’ai plus jamais regardé Téléfoot, sauf un seul, où Bernard Tapie était invité deux à trois semaines après mon départ. Je voulais voir comment ça allait se passer et c’était assez cocasse. Tapie avait des actions à TF1, et si je suis partie de TF1 et de Téléfoot, il a une part de responsabilité, parce que Tapie voulait qu’on soit à sa botte et je ne l’étais pas."
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Au passage, Didier Roustan a assuré que ses confrères de la première chaîne se montraient davantage complaisants avec Bernard Tapie, ce qu’il a toujours refusé : "Oui, tout à fait, je peux vous le dire, ils l’étaient (à la botte de Bernard Tapie). Et pour vous donner un exemple, je regarde ce Téléfoot, qui était fait en direct de Marseille. Il était au Vélodrome avec Thierry Roland sur la pelouse. Il est omniprésent, on ne voit que lui, et pas trop les résumés de match, les reportages comme d’habitude, qui sont sur le fil conducteur. Le lendemain, j’ai appelé celui qui était mon assistant-réalisateur pour lui demander pourquoi on a vu que Tapie. Il me dit : « Tapie, c’est très simple. Il regardait le conducteur que lui filait Thierry Roland et il disait ‘on s’en fout de ça, vire-le !’ » Et Thierry, qui avait d’autres qualités mais qui n’avait pas celle d’affronter certaines situations. Il était un peu dans le compromis et il n’osait pas, et Tapie a fait son one-man show."
"La télé a changé. Téléfoot était une émission majeure dans le paysage audiovisuel", poursuit Didier Roustan, qui estime que Téléfoot, qui est toujours diffusé chaque dimanche matin sur TF1, n’a plus son importance d’antan. "À l’époque, en 77, il y a trois chaînes. C’est la première émission de football et il n’y a que trois chaînes, donc c’est énorme ! Maintenant, je ne mets pas en cause les responsables, les présentateurs de Téléfoot qui sont des bons professionnels, mais c’est une émission de plus qui arrive un peu après tout le monde. Ils ont leur produit TF1, l’équipe de France, c’est un produit. Ils vont interviewer des joueurs de l’équipe de France qui se trouvent par-ci par-là en Europe. Ils font parfois des reportages qui sont sympathiques. Mais on peut vivre maintenant sans Téléfoot, alors qu’à l’époque, c’était l’émission incontournable."