Blanc comme neige
Un décor immaculé, peuplé de sapins verdoyants, défi le sous les yeux de François Pécheux. Dans cette immensité blanche, deux rennes et une femme sur un traîneau se détachent. Malgré les apparences, il s’agit bien d’un fleuve, le Piteälven, sur lequel ils se retrouvent. Mais à Kvikkjokk, où il prend sa source avant de dérouler ses 400 kilomètres d’Est en Ouest, la neige a pris le dessus sur l’eau. En hiver, il y a peu de chance de croiser un bateau. Les températures oscillent entre -10 °C et -42 °C.
Et la lumière fut
La deuxième étape nous emmène à Arjeplog, une petite ville où vivent 2 000 Suédois au bord du fleuve. « Ici, il y a quatre magasins ouverts, s’étonne François Pécheux. Un magasin de sport et de bricolage, une banque, un supermarché et une boutique de luminaires. Et d’un coup, je tilte. Ce magasin, dans un pays où il fait nuit la moitié du temps, doit faire de bonnes affaires. » Ici, lorsque l’obscurité est à son maximum et que le ciel est dégagé, on peut observer une sublime aurore boréale, un phénomène provoqué par le vent solaire qui vient impacter le champ magnétique de la Terre.
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Eau pure
À Piteälven, le retour à la civilisation se fait beaucoup plus présent. Cette ville qui donne son nom au fleuve est la plus grande de la région. Une brasserie y fabrique une bière exceptionnelle conçue à partir de l’eau du fleuve. « Je récupère l’eau glacée par un tuyau, puis je la réchauffe dans une cuve, explique Gustaf Ahlin, le patron de la brasserie. C’est une eau avec très peu de chlore et pleine de bons minéraux. Elle est donc extrêmement pure. Et c’est très important puisque la bière est composée à 95 % d’eau. »
Le chant de l’eau
En se dirigeant vers l’Est, François Pécheux arrive aux chutes de Storforsen. Là, il peut enfin contempler le fleuve Piteälven à l’état liquide. « Je suis super content d’entendre enfin le chant de l’eau et de voir le soleil sortir du ciel ! », s’exclame-t-il. Ici, dans ce combat qui oppose la glace et l’eau, c’est l’eau qui gagne enfin. Les plus grandes cascades naturelles de Scandinavie descendent ainsi sur 5 kilomètres, avec, à leur terme, un dénivelé de 50 mètres.
Briser la glace
Le voyage se termine à bord d’un bateau brise-glace, qui va naviguer du fleuve à la mer Baltique. « La glace fait 60 centimètres d’épaisseur, explique Popeye, le commandant du navire. » François Pécheux l’interroge : « Et à partir de quand cela ne passe plus ? » « 65 centimètres, lui répond presque inquiet Popeye. Nous sommes à la limite. » À 200 mètres du phare, synonyme d’entrée dans la mer Baltique, le bateau s’immobilise. Impossible d’aller plus loin. Le trajet jusqu’au phare se fera à pied. Et au bout, c’est donc la mer.
Au bout c’est la mer, mardi 23 juillet à 21h00 sur France 5