De quelle manière les affaires sont-elles choisies ?
Jean-Marie Goix : Elles ont comme point commun d’être non résolues. Disparitions inquiétantes, meurtres non élucidés, délits de fuite, cold cases… Nous sélectionnons des cas qui, après des mois et souvent des années d’enquêtes, demeurent mystérieux. Au commencement, c’est la rédaction d’Appel à témoins qui cherchait les sujets, soit auprès d’avocats, soit dans la presse régionale. Mais l’émission ayant gagné en notoriété, depuis, ce sont souvent des téléspectateurs qui font appel à nous, par mail (appel atemoins@m6.fr, ndlr) ou par l’intermédiaire de notre standard (0 800 10 11 21), ouvert 24 heures sur 24. Dans tous les cas, chaque dossier est investigué par les journalistes de l’émission. Toutes les informations connues à ce jour sont vérifiées de façon à s’assurer que le dossier justifie une exposition et contient des éléments de nature à relancer l’enquête, et qui, on l’espère, susciteront des appels.
À lire également
Appel à témoins : Julien Courbet interrompt son émission après un impressionnant malaise (VIDEO)
Pouvez-vous nous décrire comment le travail de recherche est mené ?
Une fois le dossier sélectionné, les journalistes prennent en premier lieu contact avec les familles concernées. Ce sont elles que nous voulons aider. Il faut les rencontrer, passer du temps avec. Puis nous effectuons un travail d’enquête approfondi, avec les avocats ou des éléments du dossier, si celui-ci est définitivement clos par la justice. Nous recherchons également des témoins potentiels. Nous nous rendons sur les lieux des forfaits et des disparitions pour mieux comprendre la géographie des scènes de crime. Une fois ce travail effectué, nous tournons des reportages qui seront diffusés pendant le direct. Ensuite, sur le plateau, nous exposons à nos téléspectateurs et à nos experts les éléments du dossier qui nous semblent suspects, ainsi que les « ratés » de l’enquête.
À lire également
L’investissement des équipes d’Appel à témoins permet-il de réelles avancées ?
Absolument ! Grâce au programme, six affaires ont été définitivement résolues (Lucas Tronche, Caroline Marcel, Laëtitia Manzano, Laura Bohan, Henda Djebali, Margaux Ferréol). Par ailleurs, c’est en passe d’être le cas pour cinq autres (Jérôme Warmel, Tessa Raimbault, Jean-Claude Rivière, Louis Greth, Fernando Mourao). Et, lorsque des dossiers végètent, sans qu’aucun nouvel acte d’enquête ne soit diligenté, Appel à témoins parvient à réactiver des procédures judiciaires. Ainsi, l’émission a permis de reprendre les enquêtes de sept affaires (Vanessa Melet, Philippe Boufferet, Marie Garrette, Anthony Lambert, Jean Wilmart-Tessier, Théo Courcoux, Lina Delsarte). Au total, ce sont près de dix-huit dossiers qui ont connu des avancées significatives ou qui ont été réglés.
Peut-on considérer que le programme intervient comme un réel soutien pour la police ou la gendarmerie ?
Indirectement, oui. Très souvent, après nos émissions, des réquisitions judiciaires de la part des juges d’instruction en charge des dossiers que nous présentons me sont adressées. Ainsi, la justice nous réclame la liste et le contenu des appels que nous avons reçus pendant ou après la diffusion. Il en est de même s’agissant des mails. Et c’est comme cela que bon nombre d’affaires sont relancées grâce au programme, puisque les nouveaux témoignages que nous récoltons sont exploités par l’institution judiciaire.