Tout d’abord, combien de sms avez-vous reçu depuis samedi soir ?
Angélique Angarni-Filopon : 90 ! Et 275 messages sur WhatsApp ! Je ressens une immense fierté, un peu du syndrome de l’imposteur – est-ce que je suis à ma place ? – et surtout une vague d’amour absolument hallucinante.
Comment avez-vous vécu cette élection ?
C’était une soirée pleine de rebondissements, d’émotion mais sans stress. J’étais en paix. Lire la fierté dans les yeux de ses parents vaut tout l’or du monde. Moi, je suis heureuse d’avoir porté mon île jusqu’à la première place. C’était mon premier message : qu’importait le résultat de cette élection tant qu’on parle de la Martinique. Je veux qu’on voie à quel point ses habitants sont incroyables. J’ai également participé à Miss France pour toutes les femmes de plus de 30 ans à qui on a dit un jour que c’était la fin. Moi, j’ai attendu mon tour, j’ai attendu que le comité supprime la limite d’âge pour reparticiper au concours. Tous les ans, je regardais l’élection à la télévision, je dansais sur la musique avec mes copines, on mangeait des pizzas devant la télé… et aujourd’hui, c’est mon tour.
Votre discours à mi-parcours a fait la différence…
Je l’ai peaufiné sous la douche la veille de la cérémonie ! Je le récitais à voix-haute et je me disais qu’il manquait quelque chose à la fin. Et c’est venu tout seul : "Je suis là au nom de toutes les femmes à qui on a dit c’est trop tard". J’ai envoyé une note vocale à une amie pour lui demandait ce qu’elle en pensait et elle a hurlé dans son téléphone. J’ai compris le message : évoquer celles qu’on a essayé de décourager était la chose à faire.
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L’invisibilisation des femmes passé un certain âge vous touche ?
Je suis touchée surtout par la manière dont elles sont mises dans des cases : à tel âge, il faut utiliser telle crème, porter tel ou tel vêtement, s’en interdire d’autres. Pour moi une année de plus ne me définit pas. C’est juste la possibilité de faire encore plein de choses. Quand je me présente aux gens, je ne dis pas mon âge. Juste "Bonjour ! Je m’appelle Angélique et je suis très chouette".
Dans quel état vous êtes-vous réveillée le lendemain de votre sacre ?
Je n’ai pas beaucoup dormi ! Je me suis réveillée sous le choc, en espérant que ce ne soit pas un rêve. Puis on vient frapper à votre porte et c’est parti !
A quoi ressemble votre vie au quotidien ?
Elle est simple, j’ai mes amies, je vais à la mer, au resto, j’aime rire… Après le travail, je rentre à la maison. Je suis très casanière, je me sens bien chez moi. Je lis, je regarde beaucoup de documentaires…
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Votre vie va changer un tout petit peu, vous savez ? Vous n’avez pas peur de la lumière ?
Je suis protégée, je crois en ma bonne étoile et je crois que cette année sera absolument extraordinaire. Ça fait des mois que mes amis me disent "tu es lumineuse, tu es solaire, quelque chose d’incroyable va t’arriver, ne t’inquiète pas" … Moi je pensais que j’avais loupé le coche après ma place de 1ère dauphine à Miss Martinique en 2011. Mais la victoire est arrivée.
Vous avez évoqué le combat qu’a mené votre maman contre un cancer du sein…
Oui. Et je veux devenir actrice de ce combat qui me tient à cœur. J’adore me maquiller et prendre soin de moi. C’est vraiment par ce biais là que j’aimerais aider les femmes malades à reprendre confiance en elles.
Qu’aimeriez-vous laisser comme trace à l’issu de votre "mandat" ?
Ma belle énergie. Je me suis toujours dit que si demain, je devais m’éteindre, je voudrais que les gens se souviennent de moi comme de quelqu’un qui a fait du bien. J’ai pris conscience depuis peu que la vie était fabuleuse quand on décidait de la regarder du bon côté.J’ai été très complexée par ma grande taille à l’adolescence. Aujourd’hui, je voudrais que les jeunes filles se sentent bien dans leur peau, pour être bien avec les autres.
Dernière question : le concours de Miss Pays-Bas, jugé "plus de ce temps", a baissé le rideau après 35 ans d’existence. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
J’espère qu’ils reviendront sur leur décision et qu’ils se rendront compte que c’est extra pour une femme de pouvoir représenter son pays…