Elodie est un peu une Madame Tout-le-Monde…
Cécile Bois : C’est ce qui me plaisait chez cette prof de sport. On peut s’imaginer qu’elle a fait ce métier presque par hasard. Elle n’a pas d’ambition dans la vie, elle s’est mariée, a eu ses enfants assez jeune. Elle croit que déménager va relancer son couple. Cette femme a un côté antihéros et tellement de couches possibles en elle qu’à la septième semaine de tournage, je réfléchissais encore à la manière de la défendre. J’ai fini de trouver mon personnage à l’arrivée de Sagamore Stévenin (qui joue Bruno, ndlr).
Addict est votre première collaboration avec lui et Medi Sadoun, qui joue Yvan, votre mari…
Des garçons très différents, le feu brûlant et la mer calme. Sagamore est une bourrasque qui a un très fort besoin d’exister et d’exprimer ce qu’il a en lui. Medi est une lumière pleine de grâce, d’humilité et de bonté. J’ai eu beaucoup de chance de travailler avec eux, car certaines scènes étaient sulfureuses. Ils étaient d’une délicatesse, d’une politesse et d’une pudeur extrêmes avec moi.
Comment expliquer l’engrenage infernal où se retrouve Élodie ?
Contre toute attente, cette femme tombe éperdument amoureuse. Il y a l’emprise et la manipulation, bien sûr, et la volonté d’excuser et d’aller au bout. Cette dimension amoureuse fait qu’une partie d’elle ne veut pas voir, comprendre ou avouer qu’elle s’est trompée depuis le début.
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Est-ce une femme et une mère qui vous ressemble ?
Je n’ai pas beaucoup de points communs avec elle. À part le fait que je suis très famille et que j’aime, moi aussi, avoir un coeur qui bat un peu plus fort que d’habitude.
Avec vos deux filles, évoquez-vous ce sentiment amoureux qui peut conduire à cette passion toxique ?
Non, elles sont un peu jeunes. Je leur explique que tous les hommes ne sont pas comme leur père. Je pense qu’elles vont, hélas, l’apprendre à leurs dépens. Je leur distille des informations, mais elles arrivent à un âge où l’on s’en fout un peu de ce que disent les grands, où il y a peut-être même de la défiance. Je ne veux donc pas trop imposer mon avis. Lorsque, autour de moi, il y a une histoire triste, j’en parle devant elles pour qu’elles sachent que ce n’est jamais tout rose et que les accidents de coeur arrivent. Je leur explique aussi la liberté individuelle d’être une femme, ce qui leur est dû et ce qu’elles ne doivent pas aux autres.
Y a-t-il une pression à incarner des mères de famille fortes, comme Élodie et Candice Renoir (France 2), pour lesquelles on serait tenté de chercher une revendication féministe ?
Selon moi, Candice Renoir n’est pas une féministe, c’est une femme libre, avant tout. Même si ce mot a ses lettres de noblesse, une féministe revendique le droit des femmes, ce qui est malheureusement nécessaire dans la société actuelle. Je suis davantage de ceux qui réclament les droits de la race humaine… Les salauds existent dans les deux camps. Je trouve dérangeant que l’on « genre » les situations, aujourd’hui. On divise les gens au lieu de les réunir. Le féminisme, oui, mais d’une façon juste et non extrême, comme il est vécu et exprimé certaines fois.
Addict : jeudi 27 octobre à 2&h10 sur TF1
Interview Pauline Hohoadji