« À un moment, j’ai un peu explosé » : Jacques Legros revient sur son gros moment de tension avec Jean-Pierre Pernaut

Publié le 2 août 2023 à 15:40
Sud Radio
Invité de Sud Radio ce mercredi 2 août, Jacques Legros a évoqué avec franchise sa relation avec Jean-Pierre Pernaut, dont il était le joker...

C’est un moment dont se souviendra toujours Jacques Legros. Le 2 mars 2022, Jean-Pierre Pernaut nous quittait à l’âge de 71 ans. Une lourde perte pour l’ensemble du paysage audiovisuel français et pour TF1, dont le journaliste a animé le journal de 13 heures pendant 33 ans, de 1988 à 2020. Ironie de l’histoire, c’est Jacques Legros, le joker de "JPP" pendant près de 25 ans, qui a annoncé la triste nouvelle aux téléspectateurs de la Une dans son JT : "C’était effectivement un moment très difficile. C’est arrivé très vite. C’est arrivé la veille après-midi", se remémore Jacques Legros au micro de Sud Radio ce mercredi 2 août. "Je reçois des coups de fil de journalistes qui me disent : ‘Voilà, Jean-Pierre Pernaut est décédé, qu’est-ce que vous pouvez nous dire, nous raconter, etc’. Ça n’a pas cessé de sonner de toute l’après-midi. Même le matin avant le journal, j’étais sur une radio à répondre à ces questions, je disais : ‘J’ai le journal dans 10 minutes…’ J’avais une forte pression."

"Et ce jour-là en plus, la guerre en Ukraine venait d’éclater et le Premier ministre de l’époque Jean Castex voulait parler du Covid. Donc j’avais les trois à gérer", poursuit Jacques Legros, qui s’est retrouvé dans une situation complexe à la tête de son propre JT. "Et c’est vrai que la mort d’une icône comme Jean-Pierre, ça ne pouvait pas passer en troisième position. Donc c’est Jean Castex qui en a fait les frais, ce qui, dans un journal normal, n’aurait pas été le cas évidemment ! Surtout qu’il avait des choses à dire sur le Covid. Là, on a fait une hiérarchie pas évidente. Et en plus, on avait tous la gorge nouée."

Interrogé par la suite sur les frictions qu’il a pu avoir avec Jean-Pierre Pernaut au cours de sa carrière, Jacques Legros a tenu à rappeler qu’il entretenait une bonne relation avec son confrère : "J’ai toujours eu d’excellents rapports avec Jean-Pierre. Pendant 25 ans, on s’est côtoyés, je l’ai remplacé sans l’ombre de quoi que ce soit." Néanmoins, le journaliste de 72 ans a parfois perdu ses nerfs avec Jean-Pierre Pernaut, comme il l’explique : "Et puis un jour, pendant le Covid, on était tous à cran. Il avait une deuxième place par rapport à moi parce qu’il était chez lui, c’était la chronique du journal d’un confiné. À un moment, je sentais qu’il intervenait trop dans le journal, ce qui n’est pas la règle entre nous. Personne n’intervient sur le journal de l’autre. Moi, je n’interviens pas sur le journal de Marie-Sophie (Lacarrau), de toute façon elle est bien assez grande pour savoir le faire, et depuis longtemps ! Elle n’intervient pas dans le mien non plus, et ainsi de suite. Ça a toujours été comme ça entre nous. Et là, il intervenait un peu, et à un moment, j’ai un peu explosé. J’ai dit : ‘Il n’a qu’à venir le faire et puis voilà’. C’est tout, ce n’est pas allé plus loin. La vie d’une rédaction normale dans une période anormale."

Par
Benoît Lesueur