66 Minutes (M6) – Kareen Guiock Thuram : « Sept à Huit, c’est une concurrence, sans vraiment en être une »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:46
HOMAYOUN FIAMOR / M6
INTERVIEW. Passionnée d’info et de jazz, la journaliste présente ce rendez-vous dominical depuis quinze mois, tout en menant une carrière musicale. 

Déjà plus d’un an que vous incarnez ce magazine. Quel bilan en tirez-vous ? 

Kareen Guiock Thuram : Évidemment, les bons résultats d’audience, qu’on a pu avoir tout au long de la saison (plus de 2 millions de téléspectateurs dernièrement pour Grand Format, ndlr). Je suis arrivée dans une émission très installée, mais que tout le monde était disposé à faire évoluer. Par exemple, avec des entretiens, exercice que j’appréciais sur les JT. 

Kareen Guiock Thuram évoque la concurrence entre 66 Minutes et Sept à Huit 

N’est-il pas difficile de lutter face à Sept à huit, sur TF1 ? 

C’est une concurrence, sans vraiment en être une. Je m’explique… Sur M6, nous avons plein de marques que TF1 n’a pas : Capital, Zone interdite… Dans 66 minutes, on est dans une réflexion de complémentarité par rapport à nos autres magazines, plus que de concurrence avec Sept à huit. TF1 n’a ni Zone interdite, ni Capital, qui traitent de sujets que l’on retrouvera dans Sept à huit. Notre objectif, c’est de rester dans l’ADN de M6 : informer, prodiguer des conseils pratiques, accompagner les téléspectateurs, ce que nous déclinons sur plusieurs marques. 

L’information serait-elle votre ADN à vous, Kareen ? 

Oui. J’ai toujours été fascinée, touchée, émue par la condition humaine. Il est passionnant de voir comment du point A, la naissance, au point B, le générique de fin, on arrive à créer des existences assez exceptionnelles, parfois avec pas grand-chose. 

"Je baigne dans la musique depuis que je suis toute petite"

En 2022, vous avez toutefois fait une coupure, pour vous consacrer entièrement à l’une de vos passions : la musique… 

Je baigne dans la musique depuis que je suis toute petite. Mon père était guitariste amateur, tout comme le frère de ma mère. Il y a toujours eu du jazz à la maison. Et j’ai toujours chanté. 

Cette année, vous avez été invitée dans une dizaine d’événements, dont le prestigieux festival Jazz in Marciac (Gers)… 

C’était à la fois un honneur immense, et déjà une reconnaissance, un an seulement après la sortie de mon premier album… 

Dans celui-ci, Nina, vous vous attaquez à un monument du jazz, en reprenant des standards de la pianiste américaine Nina Simone. Pourquoi avoir fait ce choix ? 

Parce que j’admire cette femme, engagée toute sa vie en faveur de l’égalité et de la justice. Je ne vois pas quel combat est plus pur que celui-là. C’est un ami de longue date, le pianiste Dominique Fillon, qui m’a proposé cet hommage. Certains ont pu s’en étonner. C’est oublier que dans le monde du jazz, il n’y a pas de sanctuaire. Tout le monde interprète les chansons de tout le monde. Sachant que j’ai revisité son répertoire à la lumière d’une femme de mon temps. Par exemple, Nina Simone interprétait de manière très dramatique I Put a Spell on You, dans laquelle une femme jette un sort à un homme pour se faire aimer de lui à tout prix. Ma version est d’une tonalité différente : « Je t’aime, donc je vais te jeter un sort, mais sans attendre que tu m’aimes en retour. » 

Il n’y a eu aucun sort jeté à votre mari, Lilian Thuram, pour le séduire ? 

(Rires) Je n’en ai pas eu besoin, Dieu merci. D’ailleurs, c’est peut-être lui qui m’en a jeté un… 

66 Minutes, à 17h10 tous les dimanches sur M6

Par
Frédéric Lohézic