« Une déception pour eux » : Vincent Lindon revient sur sa relation avec ses parents

Publié le 5 février 2025 à 11:12
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Illustré par des séquences vidéo et des commentaires enregistrés par l’acteur lui-même, ce reportage intimiste de Thierry Demaizière et Alban Teurlai sonde l’âme d’un homme entier. Morceaux choisis. 

Images prises à la volée, réflexions destinées à ses proches ou seulement à lui-même, Vincent Lindon a accepté, pour les besoins du film, d’enregistrer des instants de sa vie avec son téléphone. Ce journal intime, qui sert de matière première au documentaire, invite à partager au plus près ses pensées. Filmé dans son appartement parisien, sur un plateau de tournage ou au Festival de Cannes lorsqu’il était président, l’acteur se livre sur ses angoisses, ses tourments…

Mon enfance 

« Je pense que lorsque j’étais petit, mes parents se sont dit : “Ce n’est pas ce qu’on a commandé”, confesse l’acteur, au début du documentaire. J’ai senti, inconsciemment, que j’étais une déception pour eux. Ils ont eu un enfant avec le mal de vivre, bourré de tics. Je ne restais pas en place, je n’avais pas le temps de faire des phrases longues, je balançais sans cesse ma tête de droite à gauche… » 

Être acteur ? 

« Je suis prêt à parler de moi ou des autres, des sentiments, de choses inavouables, mais justifier pourquoi je suis acteur, je m’en fous. Je ne suis pas un saltimbanque. Dès que l’on me parle de psychologie du personnage, cela ne m’intéresse pas. Je demande juste comment il est habillé, son prénom et comment je dois bouger. L’habit fait le moine… » 

L’intuition, un bon guide 

« Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. C’est moi qui fais le film, moi qui y vais tous les jours. Pour  La Loi du marché (de Stéphane Brizé, en 2015, ndlr), on m’a déconseillé de refuser un autre film pour faire celui-là. On m’a dit : “Ce rôle de chômeur avec un enfant handicapé, est-ce que les gens ont envie de voir ça ?” » En 2015, pour ce rôle, il reçoit le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. 

Vincent Lindon, coeur sanglant, mercredi 5 fevrier à 22h35 sur Arte

Par
Thomas Gaetner