C’est une affaire hors normes, qui débute avec la découverte de vingt-cinq cadavres dans le canton de Fribourg, en Suisse, en 1994. Une affaire que couvriront, à l’époque, trois journalistes : Gilles Bouleau, Arnaud Bédat et Bernard Nicolas. Vingt-huit ans plus tard, un projet de série documentaire naît, à la suite de la diffusion de Grégory, sur Netflix. "Les auteurs de Grégory ont réussi, via des codes de narration extrêmement modernes, à réinventer l’affaire, à nous toucher autrement", explique-t-on du côté de TF1. La première chaîne contacte alors la productrice du programme, Élodie Polo Ackermann, qui leur soumet un nouveau projet : l’histoire de l’Ordre du temple solaire. Si le sel du documentaire doit, à l’instar de celui dédié à Grégory, à la qualité et à la diversité des archives et des intervenants, il le doit aussi et surtout à l’expertise des trois journalistes « vedettes » de la série. La présence de ces protagonistes, investis dans l’affaire à l’époque, était la promesse de suivre l’enquête au plus près, et "non pas, comme dans certains documentaires, avec des journalistes experts qui parlent de façon détachée", souligne Élodie Polo Ackermann.
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L’union fait la force
Fait rare, Gilles Bouleau, Arnaud Bédat et Bernard Nicolas ont mutualisé leur travail durant l’enquête afin de multiplier les pistes. "Cette histoire, elle est belge, elle est française, elle est québécoise, elle est ô combien suisse. Les victimes et les commissaires du crime sont de toutes ces nationalités", énonce Gilles Bouleau, comme pour appuyer la nécessité de travailler à plusieurs mains. "On s’est incroyablement enrichis les uns les autres, on a accéléré l’enquête. C’est un des rares cas où j’ai l’impression que l’on a été les vecteurs de l’enquête. C’est-à-dire que, souvent, et ce n’est pas immodeste de notre part, on en savait plus que certains enquêteurs. On avait plus de pièces à notre disposition, de procès-verbaux d’autres pays, de photos de la vie quotidienne intime au sein de la secte", poursuit le présentateur du journal de 20 h de TF1. Comme dans un polar, c’est pas à pas que le téléspectateur découvre cette affaire, au fil des découvertes du trio d’enquêteurs. "On connaissait la bio de chaque victime. Il a suffi que l’on se passionne pour ce dossier, que l’on y consacre du temps, que l’on se mette tous les trois pour devenir les meilleurs connaisseurs de cette histoire incroyable. " Une exhaustivité présente à l’écran, qui saisit aussi bien ceux qui se souviennent de ce fait divers que ceux qui le découvriront, peut-être avec effroi, ce soir.
Temple solaire, l’enquête impossible : vendredi 17 juin à 21h15 sur TMC
Lorenzo Calligarot