Sur le front (France 5) – Hugo Clément à la poursuite du diamant « vert »

Publié le 18 décembre 2023 à 13:00
© Winter Porductions
De la bijouterie jusqu’aux mines d’extraction, le journaliste Hugo Clément remonte la piste du diamant et montre une solution plus écologique pour la création de ces pierres précieuses.

L’Anvers du décor 

Le bijoutier avignonnais, chez qui Hugo Clément s’est procuré un solitaire d’un carat, n’a que peu d’informations concernant la provenance de la pierre. Seul indice ? Il a acheté la bague chez un grossiste d’Anvers. La ville belge est considérée comme la plaque tournante du diamant en Europe. Et c’est au coeur de quelques rues, ultra protégées (des caméras et des postes de police sont installés à chaque angle de rue), que transitent 70 % des diamants à l’échelle mondiale. Une fois trouvé, le grossiste révèle à Hugo Clément que la pierre de sa bague a été taillée en Inde. Mais où ?

Incontournable Inde 

Hugo Clément file à Surate, ville de 10 millions d’habitants située dans l’ouest de l’Inde, et découvre que l’industrie du diamant fait vivre toute la mégalopole. C’est là que 95 % des diamants bruts de la planète passent pour être taillés au laser avant d’être polis, facette par facette. Afrique, Canada, Russie… les pierres viennent du monde entier en Inde avant d’être envoyées dans les bijoutiers des quatre coins du monde. Le journaliste décide de partir au Botswana, là où se trouve la plus grande mine de diamants à ciel ouvert, et en fonctionnement, du monde.

Orapa, ville à part 

Au Botswana, Orapa est une ville champignon créée spécialement autour du gisement de diamant et gérée par l’État, mais aussi par un géant qui contrôle 20 % du marché mondial, De Beers. Un diamant sur dix dans le monde est sorti de ce gouffre béant, profond de 330 m, une tour Eiffel pourrait y être installée ! Cette mine qui fonctionne 24 h sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an, voit 9 millions de carats de diamants extraits chaque année. Tous les quinze jours, la mine s’agrandit à coups d’explosifs. C’est à ce moment-là que des dizaines de camions géants (dont chaque réservoir est rempli quotidiennement de 4 000 l de diesel) entrent en scène pour récupérer la terre retournée, au coeur de laquelle les diamants représentent 0,00001 %. Pour extraire la pierre précieuse de cette terre, celle-ci est plongée dans des cuves utilisant 50 millions de litres d’eau par jour ! L’impact écologique est indéniable…

Vers le diamant de synthèse ? 

Cela fait plusieurs années que le diamant de synthèse existe. Et si, entre un diamant naturel et un autre sorti de laboratoire, la différence est impossible à voir à l’oeil nu ou à la loupe, le prix, quant à lui, se voit divisé par deux ! Alix Giquel, ancienne chercheuse du CNRS, a créé le premier laboratoire de diamants de synthèse français à Jouy-en-Josas (78). Comment ça marche ? On place, au centre d’un grand four à micro-ondes ultra puissant, un germe, à savoir un diamant minuscule, qui peut lui aussi être de synthèse, et on y injecte du méthane et de l’hydrogène. Le four doit alors atteindre 1 000 °C et garder cette température pendant un mois. Le diamant grandit alors doucement et, au bout de quatre semaines, il est assez gros pour être taillé et poli ! Résultat ? Une bague au doigt qui donne un joli coup de pouce à la planète !

Sur le front, lundi 18 décembre à 21h05 sur France 5

Par
Adeline Quittot