Bâtie il y a mille six cents ans sur le chapelet d’îles d’une zone marécageuse ouverte sur la mer Adriatique, Venise est confrontée à une multitude de fléaux. Si, au XVe siècle, de vastes travaux ont été entrepris pour lutter contre l’envasement progressif de la lagune, ces derniers ont aussi eu pour conséquence d’augmenter la fréquence des inondations. Devenue une destination phare de voyage, la cité italienne accueille chaque année des millions de touristes, ce qui aggrave encore les risques de submersion…
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La cité des Doges est en péril et doit faire face à différentes menaces. Le réchauffement climatique entraînant une hausse du niveau de lamer, les pics de marées (acqua alta, «les hautes eaux») génèrent chaque année des inondations toujours plus dévastatrices. Le sel, lui, ronge les murs des édifices et les statues. La houle créée par le sillage des bateaux —pas seulement les paquebots de croisière (qui ont enfin été interdits en 2021), mais simplement les canots à moteur— provoque une érosion de la lagune. Depuis des décennies, ingénieurs, scientifiques et architectes tentent de freiner l’inexorable. Le système Mose, mis en place en 2003, opérationnel depuis 2020, consiste en une barrière de vannes immergées, qui se dressent lors des grandes marées. Pour absorber le sel, les murs sont traités par des emplâtres composés de pulpe de papier et d’eau distillée. Un travail titanesque et sans cesse renouvelé, digne du mythe de Sisyphe.
Sauver Venise : samedi 27 août à 20h50 sur Arte
Hacène Chouchaoui