Paul McCartney : une légende des Beatles (Arte) – Les débuts étonnants des Beatles… en Allemagne !

Publié le 10 janvier 2025 à 14:44
© André Götzmann
Tourné en 2022, pour les 80 ans du chanteur, ce doc inédit en France retrace le parcours du bassiste des Beatles, s’attardant sur ses années d’apprentissage dans les rades mal famés de Hambourg.

C’est Paul McCartney qui raconte à sa façon cette anecdote dans le documentaire… Un jour, alors qu’il marche dans une rue de Londres avec John Lennon, il voit passer l’un des taxis typiques de la capitale avec deux gars dedans qui lui font signe : Mick Jagger et Keith Richards. Paul et John montent. Le taxi redémarre. Jagger, tout heureux, apprend aux deux Beatles, qui commencent à se faire un nom, que les Rolling Stones viennent de signer un contrat avec Decca. Au passage, il demande : « T’aurais pas une chanson sous la main pour nous ? » Paul répond : « Bien sûr ! » C’est I Wanna Be Your Man, qui atteindra la 13e place des meilleures ventes de singles en Grande-Bretagne à sa sortie, en 1964.

L’histoire illustre bien l’effervescence de l’époque, éclaire les rapports entre les deux groupes de rock les plus connus du monde, et montre aussi la place qu’occupe Paul McCartney, plutôt mentor que suiveur. En s’attachant au parcours du célèbre bassiste, le film de Judith Voelker retrace la genèse du groupe, son apogée, son éclatement, puis ce qu’il advint pour chacun.

On l’oublie souvent ou on l’ignore, mais avant d’être célèbres et de composer des mélodies lumineuses et éternelles (plus de trois cent chansons ont été co-écrites par John Lennon et Paul McCartney), les Beatles ont écumé les rades du quartier chaud de Hambourg, la grande ville portuaire du nord de l’Allemagne, où les patrons de clubs embauchaient des groupes britanniques en échange de quelques marks afin d’égayer le public. 

UN COUP DE FOUET ? DU PRELUDIN ! 

C’est là que les Beatles, groupe encore amateur, apprennent, pendant l’année 1960, à tenir la rampe, jouant et rejouant pendant des heures des standards de blues et de rock devant un public de marins en escale, puis de jeunes artistes attirés par l’ambiance. Dans le film, McCartney semble se souvenir avec nostalgie de cette période où, complètement inconnu, le groupe dort dans les loges d’un théâtre porno, se lave dans des urinoirs…

Pour rester éveillés, et pouvoir jouer pendant huit heures d’affilée, les Beatles avalent, comme il était courant à l’époque, des pilules de Preludin, un médicament coupe-faim, substitut des amphétamines. « Quand les gens en prenaient, ils se mettaient à parler tout le temps, et très vite, raconte McCartney avec un sourire en coin. […] Mais moi, je n’en prenais pas… » À leur retour, les Beatles sont repérés au Cavern Club de Liverpool par Brian Epstein, signent un contrat, puis démarrent une tournée mondiale à Paris, avec Sylvie Vartan en première partie. 

Le film survole ces années-là jusqu’à la séparation du groupe, en avril 1970, McCartney annonçant son départ, puis s’installant en Écosse dans une ferme isolée avec sa femme, Linda. Place au groupe Wings, matrice des nouvelles chansons de Paul, dont d’innombrables tubes comme My Love, numéro 1 aux États-Unis en 1973. À 82 ans passés, Paul McCartney continue de ravir les foules, à en croire les 90 000 personnes venues l’applaudir à Paris La Défense Arena, les 4 et 5 décembre.  

 vendredi 1à janvier à 22h30 sur Arte

Par
Frédérick Rapilly