« On ne sait pas ce qu’on fume » : Mathieu Kassovitz évoque son documentaire sur le cannabis

Publié le 12 mars 2024 à 14:30
Zabulon Laurent/ABACA
Le réalisateur de La Haine, a fait le tour du monde pour questionner, comprendre, alerter… sur le sujet tabou du cannabis.

Le 2 avril prochain France 2 programmera Cannabis, un documentaire dont le titre ne laisse aucun doute sur son sujet, proposé par Mathieu Kassovitz. « Comme 4 à 5 millions de Français, Mathieu Kassovitz est un consommateur de cannabis. Une pratique illégale mais très répandue dans notre population qui est la plus grosse consommatrice d’Europe, alors même que notre politique en la matière est l’une des plus répressives. Santé mentale, délinquance, trafics, règlements de comptes : cette drogue rend accro nos ados et met le feu à nos banlieues. Devant l’échec de sa politique, la France devrait-elle envisager de légaliser cette substance comme d’autres grands pays l’ont récemment fait ? Une enquête sur un fléau et un tabou français » indique le communiqué de presse de France Télévision.

« Ce n’est pas un documentaire qui est là pour juger ou inciter » précise le réalisateur de la Haine auprès de nos confrères de 20 Minutes, « mais pour étudier la différence entre ce qu’on vit en France et les pays où ça a été légalisé. Est-ce que ça a été négatif ou positif ? ». Pour cela, le cinéaste a en effet fait le tour du monde : Espagne, Maroc, Pays-Bas, Canada ou encore Thaïlande… et fait un constat.

« J’ai eu de la chance d’avoir à 17 ans un métier. Je devais me lever le matin, je devais travailler. Je n’avais pas le temps de prendre de drogues. Sinon j’aurais certainement expérimenté des drogues, si personne ne m’avait expliqué ce qu’est un joint, la différence entre de l’herbe et de la cocaïne… » confie-t-il avant d’ajouter « Ne pas expliquer à des jeunes de 15, 16 ans, et juste leur dire qu’ils n’ont pas le droit… c’est une très, très mauvaise façon, de communiquer avec eux. » a-t-il estimé.

« Le problème c’est que, moi qui ai des enfants, s’ils vont chez un dealeur pour acheter du shit, il risque de leur vendre autre chose… » craint Mathieu Kassovitz et d’ajouter « On ne sait pas ce qu’on fume, on ne sait pas à qui on donne de l’argent, on a le risque d’avoir accès à d’autres produit ». Si le réalisateur affirme qu’il ne « souhaite pas » que le cannabis soit légalisé, il ouvre le débat « si ce produit devenait licite, ça rentre dans des caisses, ça peut aider à la prévention d’autres choses » a-t-il conclu.

Par
Sarah Ibri