Tout au long de la Ve République, le football a pris une importance considérable, au point de devenir un outil politique majeur. Dans l’espoir d’accroître leur popularité, les présidents ont souvent tenté de lier leur destin national aux exploits de l’équipe de France. Cet exercice n’est pas sans risque : si Jacques Chirac a été réélu dans un fauteuil quelques années après la première victoire des Bleus en 1998, Nicolas Sarkozy ne peut pas en dire autant lorsqu’en 2010, l’équipe de Raymond Domenech se déchire devant les caméras en Afrique du Sud…
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Avant la Coupe du monde de 1998, la cote de Jacques Chirac est au plus bas. En 1997, la droite perd la majorité aux législatives. Le président de la République doit donc cohabiter avec un Premier ministre socialiste, Lionel Jospin. Son instinct de survie politique l’incite alors à apporter un soutien très médiatique au Onze tricolore, au grand amusement des observateurs, comme la journaliste du Monde, Raphaëlle Bacqué : " Il ne connaît rien au football, beaucoup moins que Lionel Jospin. Mais ça n’a pas d’importance. Ce qu’il connaît, c’est la symbolique du football, la symbolique de l’équipe de France. Et il va en jouer magnifiquement."
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À la garden-party élyséenne du 14 juillet 1998, il est fêté en héros, aux côtés des Bleus victorieux. Nicolas Sarkozy, puis François Hollande lui emboîteront le pas, sans succès. À l’inverse d’Emmanuel Macron, dont la photo le montrant ivre de joie sur le premier but de la finale 2018 fit le tour du monde.
Les Bleus et l’Élysée : dimanche 20 novembre à 20h50 sur France 5
FRÉDÉRIC LOHÉZIC