Un monde sans pitié
Dans la première moitié du XXe siècle, les vallées alpines sont occupées seulement par 1 % de la population française. Absence d’eau courante, de sanitaires, d’électricité… la vie y est rude. Notamment pour les femmes, qui, pour beaucoup, mouraient en couches : "Tomber enceinte, c’était avoir déjà un pied dans la tombe, disait-on alors", se souvient une habitante de Cervières, dans les Hautes-Alpes.
Une première sur le mont Blanc
En 1907, un groupe de scientifiques emporte une caméra lors de son ascension du plus haut sommet d’Europe. Sur ces premières images du mont Blanc, on peut voir des alpinistes endimanchés, les femmes portant chapeaux à voilette et jupes longues, tandis que les hommes arborent chemises blanches et gilets de flanelle !
Des Chamoniards sur l’Annapurna
En juin 1950, Maurice Herzog est le premier homme à conquérir un sommet de plus de 8 000 mètres. Il doit cependant ce succès aux meilleurs guides de Chamonix, dont il s’est entouré pour cette expédition au Népal. Parmi eux, Louis Lachenal, qui, comme Herzog, perdra quelques orteils (gelés) dans l’aventure. Deux mois plus tard, Paris Match publie en Une un cliché de l’exploit, multipliant ses ventes par dix, avec près de 400 000 exemplaires.
Hommes-araignées
Hiver 1952, Chamonix décide de capitaliser sur la notoriété de ses guides, pour relier la ville à l’aiguille du Midi, en construisant le plus haut téléphérique du monde, à 3 850 m d’altitude. Une centaine d’ouvriers seront mobilisés pour ce projet. À raison de 400 heures par mois (treize heures par jour, sept jours sur sept), ces "araignées du ciel", comme on les surnomme, achèveront leur mission en juillet 1955. Huit d’entre eux décéderont durant ces travaux exercés dans des conditions extrêmes, foudroyés, électrocutés ou chutant dans le vide.
Du pince-fesses au tire-fesses
Au début des années 20, la baronne Noémie de Rothschild découvre Megève. Elle décide de faire du village un Saint-Moritz (station de ski suisse huppée) à la française. Modeste pension de famille à l’origine, le Mont-d’Arbois devient un hôtel de luxe, où elle fait venir ses riches amis. Peu à peu, les paysans de la région, flairant le bon filon, commencent à installer des "tire-fesses" sur leurs terrains pentus.
Joue-la comme Killy !
Dans les années 60, les champions de ski français sont comme les footballeurs actuels. Surtout après les jeux Olympiques de 1968, à Grenoble, où Jean-Claude Killy récolte trois médailles d’or : "Tout le monde en a entendu parler, par la télé, la radio ou les journaux, se rappelle Léo Lacroix, lui-même médaillé d’argent aux J.O. de 1964. C’est le début du boom du ski en France."
Frédéric Lohézic
La Grande Saga de nos montagnes, les Alpes : lundi 22 février à 21h05 sur France 3