La “Terre promise”
Le 4 octobre 1957, l’Union soviétique lance Spoutnik 1, premier satellite artificiel placé en orbite autour de la Terre, marquant ainsi le début de l’ère spatiale. Les Américains vivent l’événement comme un choc et une humiliation. Pour le Jet Propulsion Laboratory, le centre de recherche spatiale de Pasadena en Californie, il faut restaurer la confiance de l’aéronautique américaine. Un Allemand, Wernher von Braun, va redonner l’espoir. En 1958, Explorer 1, le premier satellite américain, conçu par von Braun, est lancé. Dans les années 50, de nombreux créatifs, scientifiques et ingénieurs rejoignent alors la Californie, devenue la « Terre promise » de l’innovation sans limites.
Surfi n’ U.S.A.
Durant leur temps libre, deux ingénieurs en aérospatiale à Long Beach vont parvenir à révolutionner le monde du surf. « À l’époque, les planches de surf étaient de gigantesques planches de séquoia et pesaient entre 40 et 60 kilos, explique Peter Westwick, de l’université de Caroline du Sud. Il fallait être un athlète pour la porter jusqu’à la plage, ramer et se tenir debout. » Ces ingénieurs vont alors utiliser de la fibre de verre pour leurs planches. Le poids de celles-ci se réduit ainsi à 15 et 25 kilos.
Nouvelle communauté
À San Francisco dans le quartier de Haight-Ashbury, une nouvelle communauté incarne le rêve d’une société juste et pacifique et devient une véritable attraction. Leurs modèles s’appellent Jésus, Bouddha ou Mahatma Gandhi. À partir de 1966, des jeunes affluent des quatre coins du pays vers cet épicentre de l’amour libre. En 1967, on ne parle plus que du Summer of Love à San Francisco et partout ailleurs. Les hippies ne sont pas tous des idéalistes qui rêvent de paix dans le monde. Certains d’entre eux sont bien décidés à ériger une nouvelle société.
Économie gratuite
L’acteur Peter Coyote fait partie de la communauté hippie de Haight-Ashbury. « L’amour reste juste une idée tant qu’on ne s’occupe pas des gens, dit-il. Un jour, j’ai aperçu une femme noire d’un certain âge voler à l’étalage. Elle a regardé autour d’elle et a caché les articles dans son manteau. Je suis allé la voir et lui ai dit : “Vous savez, vous ne pouvez pas voler ici.” Elle m’a répondu : “Je ne vole pas.” J’ai dit : “Je sais puisqu’ici tout est gratuit. Prenez ce que vous voulez.” Deux jours plus tard, elle est revenue avec un paquet de donuts qu’elle a déposé sur le comptoir. Elle avait compris le principe de l’économie gratuite. »
La Californie !, mardi 1er août à 20h50 sur Arte
THOMAS GAETNER