Johnny Depp vs Amber Heard, c’est l’histoire de deux stars d’Hollywood qui s’accusent de violences conjugales lors d’un procès pour diffamation diffusé en direct sur Internet, et commenté dans le monde entier. Au printemps 2022, cette frénésie médiatique s’est accompagnée d’une campagne de haine et de dénigrement en ligne sans précédent contre l’actrice américaine. Derrière les railleries habituelles des réseaux sociaux, se cache en réalité une campagne orchestrée par des groupes d’hommes en colère qui, depuis des années, font de la haine contre les femmes leur priorité : les masculinistes…
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Quel est le but de cette enquête ?
Cécile Delarue : Il est avant tout pédagogique, car les réseaux sociaux sont souvent la seule source d’informations, notamment chez les jeunes. Correspondante pour la France à Hollywood entre 2010 et 2019, j’ai vu l’Amérique passer d’Obama à Trump et les actrices, de simples jolies plantes à activistes. Mais lors de ce procès, j’ai été intriguée par la vague de haine contre Amber Heard. Comment la Toile est-elle arrivée à se moquer si cruellement d’une femme victime de violences conjugales en pleine émergence de #MeToo ?
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Pourquoi un tel retour en arrière ?
La défense de Depp a su trouver le soutien des masculinistes, ces hommes ultra-virulents sur les réseaux sociaux dont l’unique but est de casser #MeToo. De la même manière que Weinstein avait été l’exemple du grand méchant, ils ont trouvé en Amber Heard celui de la femme qui ment et ont tout fait pour le prouver et remettre en doute la parole de toutes les autres.
Les réseaux sociaux ont-ils influencé la décision de justice ?
Qui sait ? Une chose est sûre : les jurés n’ont pas été empêchés de voir ce qui se passait sur le Net.
La fabrique du mensonge : dimanche 27 février à 20h55 sur France 5
INTERVIEW A. QUITTOT