Comment expliquez-vous le succès foudroyant de Graines de star, dès son lancement, en 1996 ?
Laurent Boyer : Nous étions les premiers à nous lancer dans le télé-crochet. Biberonné à l’ORTF, Thierry Ardisson, le producteur, souhaitait remettre le genre au goût du jour. Cette initiative était d’autant plus judicieuse qu’à l’époque, les émissions de variétés ne recevaient que de grosses pointures. Il n’y avait pas de place pour les new comers (talents émergents). Les professionnels des médias se gaussaient de nous et pariaient même des caisses de champagne sur notre échec ! (Rires)
Quel bilan tirez-vous de cette épopée, qui aura duré sept ans ?
Le sentiment d’avoir fait oeuvre utile. On a permis l’émergence de Jean Dujardin, futur Oscar du cinéma, mais aussi de Cécilia Cara, Michaël Gregorio, Nâdiya, Ève Angeli, Sandy Valentino, Poetic Lover, Bruno Salomone, Alizée, Jérôme Commandeur… sans compter ceux qui ont fait un passage chez nous, comme Christophe Maé, Grégory Lemarchal, Emma Daumas ou Jenifer, alors âgée de 14 ans.
Quel artiste vous a le plus marqué ?
Alizée, je l’ai castée moi-même à Ajaccio. Au départ, elle voulait concourir dans la catégorie « Graines de danseuse ». Ses copines ont hurlé : « Elle chante aussi ! » Je l’ai écoutée. À une époque où la mode était aux chanteuses à voix puissante, genre Céline Dion, Lara Fabian, j’ai trouvé qu’elle ferait un intéressant contrepoint. Je ne me suis pas trompé !
Que reste-t-il de cette époque ?
Je prépare un doc sur la nuit, pour Paris Première. Je sors beaucoup dans des lieux parisiens, comme le Raspoutine ou le Baron. J’ai l’impression d’être plus une vedette que je ne l’étais à l’époque. La clientèle, qui a entre 30 et 40 ans, voire plus, me cite toujours Graines de star. Ils disent tous : « J’ai grandi avec toi ! » Cette émission aura vraiment marqué les mémoires.