Gabriel Attal, l’épreuve du pouvoir (C8) : « Je pense qu’il y a, dans le documentaire, des choses qui l’arrangent et d’autres moins »

Publié le 8 janvier 2025 à 15:29
C8
Le réalisateur et producteur Louis Morin a suivi pendant un an et demi Gabriel Attal, plus jeune ministre de l’Histoire. Un travail colossal diffusé ce mercredi 8 janvier 2025, à 21h10 sur C8.

Pourquoi avoir choisi Gabriel Attal ?

Louis Morin. Parce qu’en 2022, au moment du deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal est nommé ministre délégué chargé des Comptes publics à seulement 32 ans. C’est un tremplin pour lui, il émerge, on le voit partout. C’est celui dont on entend le plus parler. A ce moment-là, je me dis : "Il va faire 2027, il sera potentiellement candidat à la présidentielle ou il sera numéro 2 dans la campagne". Je décide d’aller le voir, dans son bureau à Bercy et je lui propose le projet. A ce moment-là, il est flatté.

Avant d’accepter, vous a-t-il fixé des limites ou contraintes ?

Oui, de ne pas montrer sa vie privée. Et ce n’était pas un problème pour moi, je respecte cela. Ce qui m’intéresse, ce sont les coulisses de l’action politique, comment montrer l’envers du décor, les prises de décision, les réflexions, la préparation aux différents enjeux, les relations aux journalistes et à la communication en général. En revanche, quand il devait prendre un appel important, avec Emmanuel Macron par exemple, il retirait son micro-cravate, parce qu’une conversation avec un Président de la République ne peut être captée, pour des raisons évidentes de sécurité d’État. Nous ne sommes pas là pour espionner la personnalité qu’on suit.

"Je pense qu’il y a, dans le documentaire, des choses qui l’arrangent et d’autres moins"

Miser sur un politique, c’est un pari ?

Oui, mais c’est anticipé, réfléchi. Quand j’ai lancé ce projet, il y a deux ans, j’ai bien vu qu’on parlait déjà beaucoup de lui, qu’il suscitait beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux. Ce qui m’intéresse, c’est de suivre quelqu’un qui n’est pas encore "bankable" mais qui peut le devenir.

Comment s’organise un tel tournage ? 

C’est énorme. En télé, c’est très rare. C’est une logistique particulière parce qu’en politique, il y a en permanence des changements, des annulations, des modifications, des choses qui se planifient à la dernière minute parfois. Donc effectivement, il faut être capable de dégainer une caméra très vite. Il faut être très réactif, et surtout, le plus discret possible, pour se faire oublier.

Gabriel Attal a-t-il demandé un droit de regard ?

Il a visionné le film, mais il était convenu qu’il ne demanderait aucune modification. Je pense qu’il y a, dans le documentaire, des choses qui l’arrangent et d’autres moins. L’un de mes moteurs, c’est d’avoir la possibilité de renforcer le lien entre le citoyen et le politique. 

Après Gabriel Attal, Louis Morin souhaite suivre une autre personnalité politique

Qu’avez découvert de plus surprenant sur lui ?

Ce qui m’a parfois surpris, c’est son endurance, sa capacité à rester extrêmement énergique jusqu’à la fin. C’est ça l’adrénaline du pouvoir.

Avez-vous déjà d’autres politiques dans le viseur ?

Oui… Je peux déjà vous dire que je suis sur une autre immersion politique, sans vous donner le nom de la personne. Le tournage a déjà commencé. C’est une personnalité visible, quelqu’un qui est au cœur de l’attention médiatique.

Gabriel Attal, l’épreuve du pouvoir, INOF productions, ce mercredi à 21.10 sur C8

Par
Amandine Scherer