Karine Le Marchand a bien mérité du monde agricole… Après avoir été promue au rang de chevalier de l’Ordre du Mérite agricole en 2013, l’animatrice de L’amour est dans le pré est montée en grade, le 6 novembre, puisqu’elle a été décorée de la Croix d’officier par Marc Fresneau, ministre de l’Agriculture, pour ce magnifique documentaire sur le monde paysan, que la jeune femme produit et présente ce soir…
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"La profession est menacée. Avant-guerre, le pays comptait plus de deux millions d’exploitations agricoles, et on en compte moins de 400 000 aujourd’hui", explique la jeune femme qui, en treize années aux commandes de L’amour est dans le pré, a tissé des liens forts avec le monde paysan. "Nous avons tous des racines paysannes. Nous ne devons pas oublier que ce sont ces hommes et ces femmes qui nous nourrissent." La réalisatrice, Delphine Cinier, a suivi le quotidien de six familles d’agriculteurs et a reconstitué l’histoire du monde paysan à travers des images d’archives, dont celles des intervenants. On découvre la dureté du travail, le rôle essentiel des femmes dans les campagnes, les différentes crises qu’a connues le monde paysan, la mécanisation, l’endettement, les problèmes sanitaires, la mutation du métier, l’introduction des pesticides.
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À ce propos, l’animatrice précise : "On observe, chez les agriculteurs, 20 % de cancers en plus que dans les autres professions." Michel Feugère, patriarche d’une famille céréalière installée depuis 1883 dans l’Eure, en Normandie, a été touché par la maladie. "J’ai été soigné par radiothérapie et par des prises d’hormones." Angélique, la fille de Michel, qui a repris l’exploitation familiale, s’est mise au bio : "Il y a eu une prise de conscience. Je suis contente pour mes enfants et mes proches que les champs autour de chez moi soient plus sains."
RECONVERSION BIO ET DIVERSIFICATION
Pris en étau par les injonctions du marché, qui demande toujours plus de rendement, et les écologistes radicaux, qui les accusent de détruire l’environnement, cultivateurs et éleveurs tentent de trouver une troisième voie via une agriculture raisonnée, responsable et bio. Certains y parviennent, comme Thierry Boyer, maraîcher à Rognonas (Bouches-du-Rhône), qui a repris l’exploitation de ses parents. Il s’est spécialisé dans la culture de tomates anciennes avec fumier et compost, et a diversifié sa production en ajoutant des concombres et des courgettes. Un succès qui a nécessité de l’abnégation : "Il faut surmonter les problèmes. Parfois, c’est la pénurie de main-d’oeuvre, l’argent, le climat… La canicule nous a fait perdre beaucoup de tonnages en tomates, que nous avons pu compenser avec la production de concombres. D’où la nécessité de se diversifier."
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Pour Karine Le Marchand, il faut protéger nos agriculteurs. Et militer pour une plus grande transparence : "Les consommateurs doivent savoir à quels prix les centrales d’achat et les distributeurs achètent leurs produits aux producteurs, et combien ils nous les revendent !" Selon elle, il y a urgence à agir, au risque de voir nos paysans disparaître et le pays perdre son autosuffisance alimentaire, pour revenir à la situation de dépendance qui prévalait au sortir de la guerre.
Familles de paysans, 100 ans d’histoire, lundi 27 novembre à 21h10 sur M6