Espèces en voie d’adaptation (Arte) – Comment les animaux ont réussi à s’adapter aux effets du changement climatique ?

Publié le 13 janvier 2024 à 14:23
© Passion Pictures Ldt
Le biologiste américain Shane Campbell- Staton a sillonné la planète, à la recherche d’espèces ayant réussi à évoluer et à s’adapter aux effets du changement climatique. Inspirant ? À voir…

LES ASTUCES DES CHIMPANZÉS DE FONGOLI 

Au Sénégal, les températures dépassent aujourd’hui régulièrement les 40 °C, rendant la vie des espèces animales parfois très compliquée. Autant pour se nourrir que pour se désaltérer. Avec la primatologue Jill Pruetz, le biologiste Shane Campbell- Staton va découvrir comment les chimpanzés, dits de la savane, ont évolué. D’abord, ils sont devenus moins poilus que leurs cousins des forêts. Ensuite, ils ont appris à se déplacer de plus en plus debout, sur deux pattes, capables de parcourir jusqu’à 15 km par jour. Comme nous autres, humains. Enfin, ils ont développé l’utilisation d’outils, se servant de bâtonnets pour fouiller les termitières et creusant des trous dans le sable près des rivières au lit trop bas et trop encrassé, pour filtrer l’eau et la rendre potable. Ce qui demande de l’expérience, de l’ingéniosité et une grande capacité d’adaptation. 

LES NOUVELLES STRATÉGIES DES BALEINES 

Appelé en Alaska, sur la côte du Pacifique nord, Shane apprend que les baleines à bosse, qui migrent – environ dix mille chaque année – dans cette partie du monde en provenance du Mexique pour se nourrir, ont tendance à arriver de plus en plus maigres, faute de krills et de harengs dans l’océan. Les baleines sont considérées comme des bio indicateurs du changement climatique. Eh bien, sur place, le biologiste découvre qu’elles se sont aussi adaptées. Les cétacés ont développé de nouvelles techniques de chasse, en solo ou en duo, pour se nourrir d’alevins élevés par les hommes en pisciculture et destinés à être relâchés dans la nature pour reconstituer les stocks de poissons. Pour ce faire, les baleines ont adapté leurs techniques de chasse utilisées plutôt dans les profondeurs. Aujourd’hui, elles émettent des bulles qui forment comme des filets enserrant les alevins, cerclant autour pour les rassembler. Elles prélèvent ensuite ce qu’elles estiment être leur dû et n’hésitent plus à s’aventurer désormais dans des eaux très peu profondes, se rendant dans les baies et les criques le long des côtes.

LE RÉTRÉCISSEMENT DES IGUANES DES GALÁPAGOS 

Dans l’archipel des Galápagos, les scientifiques locaux ont fait une découverte assez incroyable : quand se produit El Niño, un phénomène climatique qui se caractérise par une augmentation anormale des températures de l’eau dans cette partie du Pacifique, les algues dont se nourrissent les iguanes peuvent devenir plus rares. Afin de compenser le manque de nourriture, ces lézards ont appris à… rétrécir, tels des accordéons. Des observations et des mesures effectuées, via des radiographies, permettent de voir qu’ils peuvent ainsi raccourcir leur colonne vertébrale et perdre en taille et en poids. Le plus fou, c’est que ceci est réversible. Ils peuvent donc retrouver leur taille habituelle quand la nourriture redevient plus abondante. Et ainsi survivre à de mauvaises conditions climatiques. 

Espèces en voie d’adaptation, samedi 13 janvier à 20h50 sur arte

Par
Frédérick Rapilly